Archives de la catégorie ‘Divertissement

La tortore   116 comments

 

Propos  liminaires :

Malgré un temps humide, Mo est en panne sèche..  eh oui.. alors  je vais me coller sur les touches  en plastique.. Plutôt que de sombrer dans la mode actuelle consistant à truffer le texte de tirets de e-ees, etc.. ou titiller le passé simple comme j’adore .. je vais le faire  à la manière de mon grand dabe.. Charles..

Dragon 1914

Tu parles Charles..  ferblantier rue de Chaligny Paris 12eme.. dragon en 14.. à chahuter le uhlan..

Comme dit la vieille vanne surannée..  du hussard et du uhlan :  « Je te salue en tant qu’hussard.. je te salue en tant qu’…… ». Bref..

J’ai toujours aimé la tortore, la  jaffe..  sans doute une facétie de mon ADN, je suis capable de  manger de tout si je suis invité..  encore plus si j’ai les crocs..  mais  il y a quand même une chose  qui me demande un effort.. c’est la cervelle..

cervelle d'agneau

Ah misère la cervelle.. je vais mettre les arpions des psy en bouquet de violettes en disant que ça remonte à mon enfance..

Dans ces années là, il était acquis que les mômes devaient s’enfiler du foie de  veau , de l’huile de foie de morue  et de la cervelle.. cet ensemble harmonieux et goûtu devant assurer à coup sur.. une force  herculéenne.. une santé de fer  et un chou à faire pâlir Einstein.. Certains même ajoutaient un verre de sang.. comme  les forts des Halles  ..

Je me souviens bien où il créchait le louchebem et quand mère déboulait dans la rue.. Je sentais le tracsir  m’envahir..

Boucher

faut dire qu’il était gigantesque le gonze.. son tablier couvert de sang.. le  surin passé dans la ceinture.. les poings sur les hanches.. Oui, je confesse, j’avais les flubes.

De retour à la maison.. elle cuisinait ça au plus simple.. et me déposait l’assiette sous le blaze: « tiens.. c’est bon pour  toi.. ».

A cette époque, et avec mon paternel, le mot refus n’était pas encore inscrit à mon vocabulaire..

Il avait la mandale facile mon vieux .. et  la promesse de cinq cent grammes de barbaque non désossée derrière les esgourdes..  ça  fait réfléchir..

Et puis avant j’avais droit au rituel :  « On aurait aimé avoir ça pendant la guerre ».

C’est vrai,  je n’ai pas connu la guerre.. même si ça bombait encore dans le monde à  ma naissance..

Mais  sans l’avoir connue, je l’ai vécue.. et ce couplet.. z’auraient dû l’inscrire dans la  cuisine..  A ça..  seriné le couplet..

C’est sûr qu’ils en avaient  bavé..  rutabaga, topinambours,  pâté sans viande et boudin à la sciure ..

Salauds de pauvres

comme dit Grandgil:  « salauds de pauvres.. ».

Vrai que quand je regarde leur photo de mariage en 41.. devant l’église St Paul..  rue de Rivoli , j’ai les châsses qui se brouillent..

Il a son unique costard d’avant  guerre.. acheté chez Esder.. mais  devenu trop grand le truc.. ça lui tombe sur les endosses, et ça flotte dans le grimpant..

Et elle.. son petit bitos sur la tète.. un petit bouquet de fleurs à la main..  Toute menue.. fragile.. .Sont efflanqués comme des chats de gouttière.. à passer derrière une affiche sans la décoller..

 

Mariage

Fallait  en avoir pour se lancer dans des  projets d’avenir ..  feldgrau qu’il était l’avenir à c’t’epoque..  pas bleu..

Gâcher la nourriture..  à la turne , c’était pas l’ambiance..

Alors pour ne pas lui faire de la peine.. je la becquetais sa cervelle.. tout près d’aller à la refile.. rien que mater ça dans l’assiette j’avais l’impression d’avoir déjà commencé à appeler Raoul..

Quand je serai grand.. jamais j’en mangerais.. jamais.. plus jamais..

Comme  prévu.. je suis devenu grand.. j’ai traversé cantoche.. internat.. sans avoir à affronter  ..

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Service militaire

Et vient le jour où je me suis retrouvé  grifton.. pas le choix.. gonfleur d’hélice à Orange.. ( NDLR : un salut à celui qui va se reconnaitre)

L’accueil y est convivial..  les relations urbaines.. une colonie de vacances.. Velours et pampre…

Enfin..  j’ai essayé de le prendre comme ça… supporter les beuglements du juteux passe encore..  le couchage à je ne sais combien dans une chambrée qui sent le  fauve..  avec réveil vers une plombe du mat pour un revigorant parcours du combattant, passe encore..

Mais là où ça coinçait.. l’ordinaire troupe.. oui c’est le nom.. ni cantoche.. ni restaurant d’entreprise.. l’ordinaire troupe..

au moins on annonce.. y’a pas de quoi se berlurer..

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Plateau alu

Des plateaux en alu cloisonnés.. déformés par l’usage.. le mec qui te balance la  grosse louche de  rata.. ça dégueule un peu sur le reste..  une odeur de graillon et de lessive.. Bref..Lucullus dine chez Lucullus..

C’est sûr que les premiers jours j’ai fait le difficile.. picorer ça..  me rattraper sur le brichton et le claquos..

Mais bon..  les exercices vivifiants  imaginés par un encadrement aux petits soins ont eu vite fait de me donner une dalle pas possible.. j’avais la boite à  ragout qui chanstiquait  dans l’buffet.. les crocs..

Toujours est il qu’un soir.. alors que j’attendais mon tour en essuyant le plateau mal rincé et humide sur le dos du collègue de devant comme d’usage..

Poireaux

Le menu proposait..   poireaux  à l’huile et cervelle..

J’avais gagné le pompon..  the winner is.. tout  ce dont j’ai horreur..

Je confesse.. qu’à peine assis, je me suis  jeté sur la jaffe comme  la bête du Gévaudan sur les innocentes  bergères..

Je n’étais plus moi-même.. juste des crocs et un estomac vide..

Eh oui.. j’ai  trahi  mon serment de Koufra à moi.. j’ai clapé de la cervelle

C’est vrai qu’avec le temps on s’habitue à l’ordinaire troupe .. on arrive  même à trouver ça bon.. faisaient  des efforts parfois..

Ça s’appelle repas amélioré…   Et puis à vingt cinq berges on  s’habitue à tout. . faut bien jaffer .. Et y’a les potes..

Je n’ai jamais  repris de la cervelle..

Train

Quand nous étions à Paris.. à cette époque  Mo turbinait à perpète : Evreux   et donc prenait  le dur matin et soir.. partait tôt, rentrait tard..

Je préparais  la popote.. après avoir fait les courses..

Ensuite je m’achetais le canard et j’allais  me taper une mousse à la Bolée de Fouesnant en bas de chez nous.. en guettant  ma petite gisquette.

Il m’est arrivé quelque fois pour lui faire plaisir.. d’acheter de la cervelle.. la préparer avec soin.. vinaigre.. épluchage et tout le toutim.. petite recette élaborée..

Moi je m’achetais une petite quiche..

Je crois avoir tout partagé avec elle depuis 50 ans.. surtout du bon..

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Mais la cervelle..  ça, des clous !

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Marc

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Glossaire (enrichi grâce à Biche)

Aller à la refile, appeler Raoul : vomir

Arpions : orteils

Barbaque : viande

(se) berlurer : se faire des illusions

Bitos : chapeau

Blaze : nez

Boîte à ragout : estomac

Brichton : pain

Châsses : yeux

Chou : cerveau, intelligence

Claper : manger

Claquos : fromage

Crécher : habiter

Dabe : père

Dîner à la Lucullus : se faire un festin

Dur : train

Endosses : épaules

Feldgrau : « vert gris » en allemand, Surnom des soldats allemands pendant la guerre.

Ferblantier : personne qui fabrique des objets en fer-blanc

Flubes : peur

Gisquette : femme, fille

Grifton : militaire

Jaffe : nourriture

Louchebem : boucher

Mousse et pampre (voir les tontons flingueurs) : attitude discrète !

Surin : couteau

Tortore : nourriture

Tracsir : trac

Turne : chambre, taudis

Uhlan (voir la vanne !) : cavalier armé d’une lance dans les armées slaves et germaniques

 

Publié 17 mai 2021 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé, Prose à Marc

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Vieux médocs   91 comments

C’était mieux?

Nous sommes passés à la pharmacie dans la semaine,  récupérer nos doses de vaccin anti grippe gracieusement offertes par Dame Secu..  

un cadeau pour les vieux..

mieux que la vignette..  je pensais à  ça  en attendant Mo dans la Twingo, la vignette pour les vieux.. !! Et par association d’idées….

Foutue vignette, c’était dans les années 56/57..  la grippe asiatique.. et puis celle d’après 68, la grippe de Hong Kong.. 

en fait j’ai eu beau chercher, je ne me suis pas revu faire des trucs spéciaux.. en 57 je prenais le dur pour aller au lycée..

et début 69, je bossais déjà un peu avant d’aller servir la France pour 16 mois..

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Etant môme, je me souviens des coups de froid.. de ma mère qui sortait LA bassine..  déjà j’allais beaucoup mieux..  comme un  chien.. façon Pavlov..

je savais que cette bassine.. c’était la farine de lin et le cataplasme..  oh p… unaise  le cataplasme.. un supplice..

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Dans la vitrine du pharmacien, y’avait bien la réclame pour la ouate Thermogène avec le truc vert  qui crachait le feu..  mais bon.. trop cher.

Mais le cataplasme.. un truc qui te brulait la couenne.. « faut qu’ça soit chaud » disait elle.. tu parles..

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Un cataplasme.. des gouttes de Balsamorinol dans le tarin.. un truc huileux qui te redescendait sur les lèvres..

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et si tu toussais.. les gouttes Nican dans du lait tiède..  un coup à  partir à la refile appeler Hughes ou Raoul..

tellement c’était pas  bon mais qui te stoppait la toux en moins de deux..

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Y’avait aussi les ventouses.. mais ça.. c’était pour mon père..   ça se terminait invariablement en gueulements..

Un petit pot..  du coton enflammé au bout d’une tige de bois..

On aspire l’air et pof sur le dos..   une succion et voilà une bosse rouge qui se forme dans le flacon..

Le  hic c’est que ma mère avait la trouille.. ça merdait.. elle chauffait le verre..

Le pater, aussi serein qu’un chat qui se coince la queue dans une porte.. poussait des gueulements..

Elle revenait.. furie dans la cuisine.. où j’attendais sagement..  je concède en rigolant  en mon for intérieur..

Elle me faisait ses mimiques.. « y’ m’fait ch.. TON père.. plus jamais.. c’est la dernière fois »,  et vaillante comme elle était, elle repartait à l’épreuve.

De toute façon.. le paternel.. il était plus souvent en coup de tabac  qu’en mer calme.

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Oui, c’était simple la pharmacopée dans la maison..  des inhalations au Perubore  pour le rhume..

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Formocarbine et ultra levure si t’avais mal au boyaux..

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Le top du top étant l’Elexir parégorique sur un sucre si d’aventure t’avais la courante..

Ahhh l’élixir parégorique.. déjà le nom..  je me gargarisais  en le prononçant..  il y a un coté grimoire… en plus c’est furieusement bon et c’est vrai que ça fait du bien.. 

( je crois qu’à l’époque  il était très opiacé).

Il m’est arrivé souvent de simuler le mal au ventre juste pour quémander mon sucre.. mon canard.. ma dope

Un parfum divin.. un petit picotement sur la langue..

Je confesse qu’en dehors de la Gitane sans filtre, c’est le seul truc où je fus accro..

Pour le reste.. la pommade Rap pour les bosses.. ça  pue..  la  pommade Mitosyl pour le reste.. un truc à la jacques Brel.. ça sent la morue… ça pue aussi.

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Mal de tête : aspirine ou mieux Kalmine dans sa boite compartimentée en métal un  cachet rond.. dodu.. un truc tout léger..  mais gros à  avaler..

Ma mère a souffert durant la guerre et l’occupation.. elle m’en parlait souvent.. c’est là qu’elle a attrapé son « au cas où »..

Elle avait une pharmacie avec les remèdes pour tout.. pour la jaffe.. elle stockait toujours des trucs à becqueter d’avance.. sucre, farine, pommes de terre, riz, pâtes..

il est vrai que ses vingt ans elle les avait passés à  crever la dalle.. dans  Paname occupé..

Lazarett.. Kommandantur.. Ausweiss..  ah oui, à cette époque fallait des papiers pour sortir…

Elle m’a refilé  le virus.. moi aussi je suis « au cas où ».. même pour le bricolage..

Mo me ronchonne  « tu fais des stocks »  mais quand elle vient.. en me lâchant de sa petite voix..   « Je ne digère pas.. T’AS pas un truc »..

Ou penaude avec son appareil à traiter la vigne.. « regarde, je crois que c’est cassé là.. T’AS pas un truc »..

Oui,  dans ma Twingo  (et pas dans ma caisse américaine comme chantait Dick).. j’ai repensé à ces vieux médocs.. à ma mère..

à ces époques où je me suis foutu de la grippe de  Hong Kong  ou de la  grippe asiatique .. ou de petaouchnock.. insouciant et heureux le môme..

Punaise.. le coup de blues.. à se prendre un coup d’Elexir Parégorique sur un sucre..

Ça se vend encore parait-il.. mais c’est du dilué… !!!   de l’ersatz comme on disait en 40…

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Ah les chiens.. !!!  enfin il me reste le ti punch..

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Publié 18 octobre 2020 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé, Prose à Marc

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Comptines de notre enfance   83 comments

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Quand  j’étais gosse.. gamin..   il arrivait des  instants où ma mère pouvait se  poser un peu..

Alors elle prenait son tricot.. je l’ai toujours vue tricoter..

Elle mettait ses pieds sur un petit banc..  et moi je m’asseyais sur ses pieds..  face à elle.. enlaçant ses  jambes.. ma tête  sur ses genoux

et je lui demandais de me chanter des chansons..

Elle me chantait des  chansons d’avant..  des chansons qui viennent de si loin.. du temps  jadis.. des chansons  que l’on ne doit plus guère chanter..

Je pense à la Carmagnole.. 1792.. c’est pas d’aujourd’hui..

Mais moi en client privilégié, j’avais ma liste à moi..  certaines me faisaient  monter les  larmes..  alors j’enfouissais un peu plus ma tête dans son tablier

C’est vrai quelle sont dures ces chansons..

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Et les deux  qui me faisaient pleurer.. brave marin et la chanson  du capitaine..

Le pauvre gonze il revient de guerre..  et  il retrouve sa femme.. qui, le croyant mort, s’est remariée..

Il dit rien.. il vide son  godet et s’en va.. sans moufter

Quelle injustice pour un gamin..

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La pauvre à la fontaine.. délaissée.. le cœur brisé..  jamais je ne t’oublierai….

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il était un petit navire..  ben,  rien que ça.. on bouffe le mousse.. façon radeau de la méduse..

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Jeannette  qui aime son Pierre et qui demande à être pendue.. ben, pof! voilà son  souhait  exaucé.. pas de pitié.. pendouillée elle aussi..

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Mon père  m’a donné un mari.. si petit.. la taille d’une souris.. et le chat l’a bouffé

Déjà je m’interrogeais.. comment ça se peut.. un mari si petit.. bien sûr je ne pensais pas aux choses du mariage..

mais juste le rapport de taille..  et puis bon, bouffé..

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Et l’autre   qui va être fusillé  mais surtout ne pas le dire à sa mère pour ne pas lui faire de peine..

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Quelle  était le but de ces comptines..  préparer les gamins à la dureté de la vie.. à l’injustice.. ?

A savoir que la vie n’est pas  facile.. qu’elle est rude et qu’il faut se battre..

Je pense qu’aujourd’hui elles ne doivent plus être chantées.. faut du doux,  du moelleux, du correct…

Sûr qu’on va pas faire une comptine  qui parle du chômage, des fermetures  d’usines, des grèves..

C’est pourtant pas un long fleuve tranquille pour beaucoup..

Ces comptines ont bercé mon enfance.. elles sont là au fond de moi..

Elle m’étreignent toujours s’il m’arrive de les entendre  ..

C’est comme ça..

Allez, mettons  nos gros sabots… passons par la  Lorraine et n’allons plus aux bois,

de toute façon les maisons closes sont fermées depuis 1946..

Saluons le cantonnier sur la route de Louviers…

Ce n’est qu’un au-revoir…

Marc

Publié 23 août 2020 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé

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Le Loch Ness et Nessie à Etel…?   65 comments

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En exclusivité pour nos lecteurs…

Par chance, notre reporter était là et,  surmontant son angoisse, il a réussi à obtenir quelques images d’une créature reptilienne qui a émergé quelques instants dans le port d’Etel, suscitant l’effroi des rares témoins..

Dotée de nombreux tentacules et d’étranges excroissances sur le dos, elle est apparue durant quelques instants que notre héros a pu filmer. Elle évoluait sans montrer de signes d’agressivité, ni même de crainte des spectateurs  pétrifies sur la jetée, puis a disparu en semblant se scinder en  éléments  indépendants.

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D’autres personnes, témoins de la scène ont précisé :  « ça fait plus de 50 ans que je suis à Etel,  je n’ai jamais vu ça! ».

Un autre raconte :  « oui, dans ma famille on en parlait, mais de mémoire, personne ne l’avait jamais vu! ».

Le film a été envoyé pour enquête à l’Université Nautique de Gestion des Animaux Grotesques  (UNGAG).

Nous informerons bien entendu nos lecteurs des conclusions de l’UNGAG.

Publié 7 septembre 2019 par Leodamgan dans Bretagne, Divertissement, Etel, Non classé

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Marc nous a cuisiné un chou farci.   83 comments

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En fait  j’aime bien quand il cuisine  mon bonhomme.

D’abord il aime ça.  Il y met tant d’attention et de petits détails et ensuite il me dit qu’il y met un ingrédient introuvable ailleurs: sa tendresse.

Faut dire que sa recette s’étale sur deux jours. il commence par blanchir le chou, c’est le plus facile.
Puis ensuite, et là il  en bave un peu. En fait il se brûle: il ouvre le chou feuille par feuille pour arriver au cœur. Çà fait comme une grosse fleur avec un gros pistil pommé. Il enlève le cœur du chou et l’émince dans sa farce:  un mélange de chair à saucisse, châtaignes en petits morceaux, morilles, auquel il ajoute quelques morceaux de truffes.
Il creuse l’emplacement du trognon de chou et commence  à remplir d’un paquet de son mélange, il referme.
Il dispose une couche de farce tout autour qu’il recouvre de  feuilles et ainsi de suite. En fait il referme le chou  mais entre chaque couche de feuilles il a intercalé de la farce pour obtenir un chou  en strates, quoi.

Ensuite il m’appelle pour que je l’aide à ficeler. Faut dire qu’il n’est pas doué, il n’a pas le geste sur du boucher qui saucissonne son rosbif. Mais bon, moi je  sers juste à poser l’index sur la ficelle:
-« appuie là, merci ».
Il sort SA cocotte en fonte, achetée il y a  bien des années chez Dehillerin, aux halles, du temps où c’étaient les halles.
Il met à rissoler dans de la graisse d’oie des morceaux de lard fumé, de l’oignon et  des carottes coupées en  rondelles, une pincée de sucre (« toujours dans les carottes » dit-il doctement).

Quand c’est rissolé à sa convenance, il déglace avec un coup de cognac ou d’armagnac,  pose son chou ficelé sur ce matelas parfumé, rajoute son reste de châtaignes et de morilles,  mouille à  mi-hauteur avec un mélange bouillon, vin blanc sec et c’est  parti.!

Ça va mitonner  deux ou trois heures à petits bouillons, « faut que ça réduise »   lance-t-il et il couvre.
Je le vois régulièrement jeter un œil, retourner le chou. Au bout de deux bonnes heures, il arrête.

Et le lendemain, avant l’heure du repas, il remet en route un peu plus fort : faut réduire, réduire… C’est son credo.
Je  dois confesser qu’au moment de servir, il y a des parfums qui s’échappent, des fragrances à damner un ermite.
Oui.. je ne devrais pas le dire mais il cuisine bien mon bonhomme…

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.Et en plus,  il se tape toutes les vaisselles.

Publié 14 octobre 2018 par Leodamgan dans Aliments et boissons, Divertissement, Non classé, Prose à Marc, Recettes

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