Archives de la catégorie ‘Divertissement

Comptines de notre enfance   83 comments

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Quand  j’étais gosse.. gamin..   il arrivait des  instants où ma mère pouvait se  poser un peu..

Alors elle prenait son tricot.. je l’ai toujours vue tricoter..

Elle mettait ses pieds sur un petit banc..  et moi je m’asseyais sur ses pieds..  face à elle.. enlaçant ses  jambes.. ma tête  sur ses genoux

et je lui demandais de me chanter des chansons..

Elle me chantait des  chansons d’avant..  des chansons qui viennent de si loin.. du temps  jadis.. des chansons  que l’on ne doit plus guère chanter..

Je pense à la Carmagnole.. 1792.. c’est pas d’aujourd’hui..

Mais moi en client privilégié, j’avais ma liste à moi..  certaines me faisaient  monter les  larmes..  alors j’enfouissais un peu plus ma tête dans son tablier

C’est vrai quelle sont dures ces chansons..

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Et les deux  qui me faisaient pleurer.. brave marin et la chanson  du capitaine..

Le pauvre gonze il revient de guerre..  et  il retrouve sa femme.. qui, le croyant mort, s’est remariée..

Il dit rien.. il vide son  godet et s’en va.. sans moufter

Quelle injustice pour un gamin..

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La pauvre à la fontaine.. délaissée.. le cœur brisé..  jamais je ne t’oublierai….

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il était un petit navire..  ben,  rien que ça.. on bouffe le mousse.. façon radeau de la méduse..

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Jeannette  qui aime son Pierre et qui demande à être pendue.. ben, pof! voilà son  souhait  exaucé.. pas de pitié.. pendouillée elle aussi..

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Mon père  m’a donné un mari.. si petit.. la taille d’une souris.. et le chat l’a bouffé

Déjà je m’interrogeais.. comment ça se peut.. un mari si petit.. bien sûr je ne pensais pas aux choses du mariage..

mais juste le rapport de taille..  et puis bon, bouffé..

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Et l’autre   qui va être fusillé  mais surtout ne pas le dire à sa mère pour ne pas lui faire de peine..

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Quelle  était le but de ces comptines..  préparer les gamins à la dureté de la vie.. à l’injustice.. ?

A savoir que la vie n’est pas  facile.. qu’elle est rude et qu’il faut se battre..

Je pense qu’aujourd’hui elles ne doivent plus être chantées.. faut du doux,  du moelleux, du correct…

Sûr qu’on va pas faire une comptine  qui parle du chômage, des fermetures  d’usines, des grèves..

C’est pourtant pas un long fleuve tranquille pour beaucoup..

Ces comptines ont bercé mon enfance.. elles sont là au fond de moi..

Elle m’étreignent toujours s’il m’arrive de les entendre  ..

C’est comme ça..

Allez, mettons  nos gros sabots… passons par la  Lorraine et n’allons plus aux bois,

de toute façon les maisons closes sont fermées depuis 1946..

Saluons le cantonnier sur la route de Louviers…

Ce n’est qu’un au-revoir…

Marc

Publié 23 août 2020 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé

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Le Loch Ness et Nessie à Etel…?   65 comments

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En exclusivité pour nos lecteurs…

Par chance, notre reporter était là et,  surmontant son angoisse, il a réussi à obtenir quelques images d’une créature reptilienne qui a émergé quelques instants dans le port d’Etel, suscitant l’effroi des rares témoins..

Dotée de nombreux tentacules et d’étranges excroissances sur le dos, elle est apparue durant quelques instants que notre héros a pu filmer. Elle évoluait sans montrer de signes d’agressivité, ni même de crainte des spectateurs  pétrifies sur la jetée, puis a disparu en semblant se scinder en  éléments  indépendants.

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D’autres personnes, témoins de la scène ont précisé :  « ça fait plus de 50 ans que je suis à Etel,  je n’ai jamais vu ça! ».

Un autre raconte :  « oui, dans ma famille on en parlait, mais de mémoire, personne ne l’avait jamais vu! ».

Le film a été envoyé pour enquête à l’Université Nautique de Gestion des Animaux Grotesques  (UNGAG).

Nous informerons bien entendu nos lecteurs des conclusions de l’UNGAG.

Publié 7 septembre 2019 par Leodamgan dans Bretagne, Divertissement, Etel, Non classé

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Marc nous a cuisiné un chou farci.   83 comments

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En fait  j’aime bien quand il cuisine  mon bonhomme.

D’abord il aime ça.  Il y met tant d’attention et de petits détails et ensuite il me dit qu’il y met un ingrédient introuvable ailleurs: sa tendresse.

Faut dire que sa recette s’étale sur deux jours. il commence par blanchir le chou, c’est le plus facile.
Puis ensuite, et là il  en bave un peu. En fait il se brûle: il ouvre le chou feuille par feuille pour arriver au cœur. Çà fait comme une grosse fleur avec un gros pistil pommé. Il enlève le cœur du chou et l’émince dans sa farce:  un mélange de chair à saucisse, châtaignes en petits morceaux, morilles, auquel il ajoute quelques morceaux de truffes.
Il creuse l’emplacement du trognon de chou et commence  à remplir d’un paquet de son mélange, il referme.
Il dispose une couche de farce tout autour qu’il recouvre de  feuilles et ainsi de suite. En fait il referme le chou  mais entre chaque couche de feuilles il a intercalé de la farce pour obtenir un chou  en strates, quoi.

Ensuite il m’appelle pour que je l’aide à ficeler. Faut dire qu’il n’est pas doué, il n’a pas le geste sur du boucher qui saucissonne son rosbif. Mais bon, moi je  sers juste à poser l’index sur la ficelle:
-« appuie là, merci ».
Il sort SA cocotte en fonte, achetée il y a  bien des années chez Dehillerin, aux halles, du temps où c’étaient les halles.
Il met à rissoler dans de la graisse d’oie des morceaux de lard fumé, de l’oignon et  des carottes coupées en  rondelles, une pincée de sucre (« toujours dans les carottes » dit-il doctement).

Quand c’est rissolé à sa convenance, il déglace avec un coup de cognac ou d’armagnac,  pose son chou ficelé sur ce matelas parfumé, rajoute son reste de châtaignes et de morilles,  mouille à  mi-hauteur avec un mélange bouillon, vin blanc sec et c’est  parti.!

Ça va mitonner  deux ou trois heures à petits bouillons, « faut que ça réduise »   lance-t-il et il couvre.
Je le vois régulièrement jeter un œil, retourner le chou. Au bout de deux bonnes heures, il arrête.

Et le lendemain, avant l’heure du repas, il remet en route un peu plus fort : faut réduire, réduire… C’est son credo.
Je  dois confesser qu’au moment de servir, il y a des parfums qui s’échappent, des fragrances à damner un ermite.
Oui.. je ne devrais pas le dire mais il cuisine bien mon bonhomme…

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.Et en plus,  il se tape toutes les vaisselles.

Publié 14 octobre 2018 par Leodamgan dans Aliments et boissons, Divertissement, Non classé, Recettes

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Mnémosyne   53 comments

Je n’avais pas encore quinze ans.. et je n’avais aucun diplôme..

pas même mon certif comme me le répétaient mes parents..

Ma mère.. elle est l’avait eu son certif.. et puis premier prix du Canton  en « enseignement ménager ».. pas peu fière ma Maman…

Bon tout ça c’était histoire de dire car là dessus ils ont fait ce qu’ils pouvaient pour que je puisse faire ma scolarité.. dans l’établissement où j’étais, en 6ème, ils ne faisaient pas passer le certif.. c’était direct la lune..  en 3eme..le brevet.. ensuite,  ensuite.. là.. c’était la porte ouverte sur le boulot.. ou  alors.. le bac et puis une école.. donc en 1960..   ce fût mon premier examen  exception faite  du concours d’entrée en 6ème. En tout cas.. je devais avoir un diplôme officiel.

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C’était en juin et l’endroit choisi était un établissement rue Geoffroy l’Asnier dans le 4ème  à Paris.. pas compliqué.. le  dur jusqu’à la Bastoche avec les potes.. puis le métro.. on avait potassé tout ça, mais en bons banlieusards, tout cela n’était que routine  pour nous..

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Sauf qu’en juin 60..  y’avait du mouvement social..  ça  merdouillait.. je ne sais plus  pourquoi.. ni par qui mais le jour de l’examen c’était le bazar dans le métro.. les rames passaient au compte-gouttes et je me souviens que quand nous réussîmes à monter dans notre wagon..  en poussant, forçant.. dans le wagon d’à côté un gros bruit  de verre et des cris..  une vitre avait pété sous la pression des  gens.. c’était vrai que dans le métro  quand ça pousse ça pousse.. ça tasse.. là y’a pas de question de distance de promiscuité ou de contact admissible ou non.. là.. tu mixes. tu agglutines.. tu compactes.. bref c’était le bordel.. d’ailleurs ce fut le bordel toute la journée..

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En arrivant à ce collège nous étions passés devant un édifice  « le mémorial du martyr juif inconnu »..  je connaissais le soldat inconnu à l’arc de Triomphe.. mais ça c’était inconnu de moi,  je  savais ce que ces malheureux avaient eu à subir durant la guerre.. ma mère m’avait raconté les mecs en imper et en chapeau.. les rafles, les cris, les gens qui pillaient les appartements désertés.. le Veld’hiv, Drancy.. les camps oui  je  connaissais.. mais  j’ignorais tout de ce mémorial..

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En fait  cette journée  fut particulière.. et Mnémosyne la muse  de  l’histoire  a dû décider  qu’elle s’imprimerait en moi..

Je me souviens de ce jour  pour deux événements..

d’abord l’épreuve d’histoire.. merci Mnémo (nous sommes intimes)  le sujet : les Etats généraux de 1789..

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Et notre vieux prof d’histoire qui enseignait selon la chronologie avait arrêté son ronronnement à la guerre de succession d’Autriche.. j’étais fait.. coincé comme un tacaud dans la vase.. terminé le brevet..  l’échec.. j’en ressentais une telle injustice.. un tel sentiment.. que je me révoltais.. oui.. ce fut le jour où au lieu de plier sous la férule de l’Education Nationale.. lourd de son passé.. Charlemagne.. Ferry.. au lieu d’essayer de  remembrer mes souvenirs de l’école primaire.. faire à minima, sauver les meubles..  guetter un petit 6 ou 8.. gagne petit.. J’écrivis rageusement sur la première ligne.. sur la page spéciale.. celle où on inscrit son nom dans l’angle.. qu’on replie et qu’on colle, j’écrivis et je m’en souviens encore:

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« Convoqués  en 1789.. les derniers états généraux s’étaient réunis  précédemment en 1614 après la mort en 1610 du roi Henri IV, mais je ne peux en dire plus car notre professeur s’est arrêté à la fin de la guerre de succession d’Autriche en 1748 ».

La rage m’étreignait, j’avais signé mon arrêt de mort.. mon échec.. mais au moins j’aurai écrit que je n’y étais pour rien.. j’avais  balancé l’éducation nationale et son professeur qui  avait glandé en chemin..

Je me suis levé.. j’ai déposé ma feuille sur le bureau du surveillant qui a jeté un coup d’œil..

-« déjà..?  » me balança-t-il avec le sourire sadique du  gars qui sait  que c’est foiré..

-« oui.. »  ai-je répondu sèchement..

Je me suis retrouvé dans la cour.. il faisait soleil.. j’avais les tripes nouées.. les larmes prêtes.. mais la rage.. la rage.. je franchis la grande porte.. dehors, une foule immense attendait.. un magma humain.. des têtes avec chapeau.. des  têtes sans chapeaux.. des  mecs avec des appareils photos..

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Qué bazar encore.. comment vais je  passer.. et puis  le  murmure se fit plus précis.. « c’est Ben Gourion.. c’est Ben Gourion.. »

Mnémo me refaisait un signe..

eh oui ce jour là c’était la visite officielle du fondateur d’Israël.. à l’époque je ne savais pas précisément  ..mais je savais que c’était une page d’histoire comme Churchill,  ou de Gaulle ..

La foule se contracta.. bougea comme un être vivant.. et au milieu de tous  ces couvre-chefs sombres.. je vis une masse de cheveux blancs.. qui  se dirigeait vers le mémorial.. Il était entouré.. encerclé.. mais je ne voyais que ses cheveux.. comme un point blanc.. un repère.. la foule se pressant, je pus rejoindre la rue de l’hôtel de Ville pour retourner à la Bastille prendre mon train…

J’avais mes pensées qui se bousculaient « j’ai vu Ben Gourion.. merde.. quand même j’ai vu Ben Gourion.. j’ai loupé mon brevet.. merde.. que va dire Papa.. et Maman ça va lui faire de la peine. »

Je suis rentré à la maison.. Ma mère m’a demandé comme toujours dans ces circonstances..  « alors..? ça a été…? »

j’ai répondu..

–  « boaf.. j’aime mieux rien dire..  tiens, y’avait Ben Gourion .. »

–  « ah oui ils en ont parlé au poste. »

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J’aurais voulu lui dire..  qu’elle me trouve les mots qui font du bien comme savent faire les Mamans.. mais j’ai rien dit.. gardé mon secret.. c’était foiré.. cagué..

 

Les résultats sont arrivés.. l’enveloppe.. la petite lueur qui restait.. un petit espoir..  et la lumière.. j’avais mon brevet!

Mnémo avait dû demander à Zeus.. (Jupiter, c’est  pour après..).

Ensuite j’en ai passé des exams.. j’en ai loupés.. repassés… réussis.. avec mention… mais y’avait personne.

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La fois ou j’ai approché Jeanne Moreau qui tournait Mata Hari à la Bastille..  c’était un jour tranquille.. je revenais de l’école.. à Clichy…

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Eh oui.. Mnémo  n’était venue que ce jour là.. en juin 1960

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Marc

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Publié 9 juillet 2018 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé, Prose à Marc

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Un pagayeur dans les vagues d’Erdeven   53 comments

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 par mauvais temps, en plus…

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Nous, on a regardé ça de loin et au sec.

Il y a des cas où il vaut mieux ne pas se mouiller.

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Publié 5 janvier 2018 par Leodamgan dans Divertissement, Etel, Non classé, Plage

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