Archives de la catégorie ‘Prose à Marc

Vieux médocs   90 comments

C’était mieux?

Nous sommes passés à la pharmacie dans la semaine,  récupérer nos doses de vaccin anti grippe gracieusement offertes par Dame Secu..  

un cadeau pour les vieux..

mieux que la vignette..  je pensais à  ça  en attendant Mo dans la Twingo, la vignette pour les vieux.. !! Et par association d’idées….

Foutue vignette, c’était dans les années 56/57..  la grippe asiatique.. et puis celle d’après 68, la grippe de Hong Kong.. 

en fait j’ai eu beau chercher, je ne me suis pas revu faire des trucs spéciaux.. en 57 je prenais le dur pour aller au lycée..

et début 69, je bossais déjà un peu avant d’aller servir la France pour 16 mois..

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Etant môme, je me souviens des coups de froid.. de ma mère qui sortait LA bassine..  déjà j’allais beaucoup mieux..  comme un  chien.. façon Pavlov..

je savais que cette bassine.. c’était la farine de lin et le cataplasme..  oh p… unaise  le cataplasme.. un supplice..

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Dans la vitrine du pharmacien, y’avait bien la réclame pour la ouate Thermogène avec le truc vert  qui crachait le feu..  mais bon.. trop cher.

Mais le cataplasme.. un truc qui te brulait la couenne.. « faut qu’ça soit chaud » disait elle.. tu parles..

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Un cataplasme.. des gouttes de Balsamorinol dans le tarin.. un truc huileux qui te redescendait sur les lèvres..

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et si tu toussais.. les gouttes Nican dans du lait tiède..  un coup à  partir à la refile appeler Hughes ou Raoul..

tellement c’était pas  bon mais qui te stoppait la toux en moins de deux..

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Y’avait aussi les ventouses.. mais ça.. c’était pour mon père..   ça se terminait invariablement en gueulements..

Un petit pot..  du coton enflammé au bout d’une tige de bois..

On aspire l’air et pof sur le dos..   une succion et voilà une bosse rouge qui se forme dans le flacon..

Le  hic c’est que ma mère avait la trouille.. ça merdait.. elle chauffait le verre..

Le pater, aussi serein qu’un chat qui se coince la queue dans une porte.. poussait des gueulements..

Elle revenait.. furie dans la cuisine.. où j’attendais sagement..  je concède en rigolant  en mon for intérieur..

Elle me faisait ses mimiques.. « y’ m’fait ch.. TON père.. plus jamais.. c’est la dernière fois »,  et vaillante comme elle était, elle repartait à l’épreuve.

De toute façon.. le paternel.. il était plus souvent en coup de tabac  qu’en mer calme.

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Oui, c’était simple la pharmacopée dans la maison..  des inhalations au Perubore  pour le rhume..

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Formocarbine et ultra levure si t’avais mal au boyaux..

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Le top du top étant l’Elexir parégorique sur un sucre si d’aventure t’avais la courante..

Ahhh l’élixir parégorique.. déjà le nom..  je me gargarisais  en le prononçant..  il y a un coté grimoire… en plus c’est furieusement bon et c’est vrai que ça fait du bien.. 

( je crois qu’à l’époque  il était très opiacé).

Il m’est arrivé souvent de simuler le mal au ventre juste pour quémander mon sucre.. mon canard.. ma dope

Un parfum divin.. un petit picotement sur la langue..

Je confesse qu’en dehors de la Gitane sans filtre, c’est le seul truc où je fus accro..

Pour le reste.. la pommade Rap pour les bosses.. ça  pue..  la  pommade Mitosyl pour le reste.. un truc à la jacques Brel.. ça sent la morue… ça pue aussi.

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Mal de tête : aspirine ou mieux Kalmine dans sa boite compartimentée en métal un  cachet rond.. dodu.. un truc tout léger..  mais gros à  avaler..

Ma mère a souffert durant la guerre et l’occupation.. elle m’en parlait souvent.. c’est là qu’elle a attrapé son « au cas où »..

Elle avait une pharmacie avec les remèdes pour tout.. pour la jaffe.. elle stockait toujours des trucs à becqueter d’avance.. sucre, farine, pommes de terre, riz, pâtes..

il est vrai que ses vingt ans elle les avait passés à  crever la dalle.. dans  Paname occupé..

Lazarett.. Kommandantur.. Ausweiss..  ah oui, à cette époque fallait des papiers pour sortir…

Elle m’a refilé  le virus.. moi aussi je suis « au cas où ».. même pour le bricolage..

Mo me ronchonne  « tu fais des stocks »  mais quand elle vient.. en me lâchant de sa petite voix..   « Je ne digère pas.. T’AS pas un truc »..

Ou penaude avec son appareil à traiter la vigne.. « regarde, je crois que c’est cassé là.. T’AS pas un truc »..

Oui,  dans ma Twingo  (et pas dans ma caisse américaine comme chantait Dick).. j’ai repensé à ces vieux médocs.. à ma mère..

à ces époques où je me suis foutu de la grippe de  Hong Kong  ou de la  grippe asiatique .. ou de petaouchnock.. insouciant et heureux le môme..

Punaise.. le coup de blues.. à se prendre un coup d’Elexir Parégorique sur un sucre..

Ça se vend encore parait-il.. mais c’est du dilué… !!!   de l’ersatz comme on disait en 40…

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Ah les chiens.. !!!  enfin il me reste le ti punch..

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Publié 18 octobre 2020 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé, Prose à Marc

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Et si…   103 comments

Et si avec Mo nous étions restés à Paname, dans notre   douzième..  et si  le temps s’était figé dans les années 70

Déjà nous n’aurions pas  notre amie l’arthrose…

Et  notre  désespérante habitude de fréquenter les salles d’attente d’hosto ou de radiologie..

Mes genoux ne seraient pas en titane..   mais en bons  os made in  Gross Paris..   Façon matériel de guerre…

Et puis bon, faut bien l’avouer.. pas mal de kilos en moins…

Bien sûr moins de vécu.. c’est vrai.. mais bon..

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En fait c’est cette affaire de Charlie Hebdo qui m’a fait repenser à tout ça..

A l’époque je bossais rue du Louvre..  bureau 7  5eme étage.. le 5/7..  comme cette discothèque qui a brulé  faisant  tant de morts..

Hara kiri n’avait pas encore titré son fameux bal tragique à Colombey..

Mais c’était l’époque des fanzines.. Gotlieb se déchainait..

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L’écho des savanes.. Métal hurlant.. Fluide glacial…

J’avais laissé Blek le roc ou Pecos Bill.. et  ça revenait..

Le génie des alpages de  F’Murr…

 

Et puis ce titre qui vit la naissance.. Charlie mensuel devenait hebdo…

Choron et  Wolinski  dans Hara kiri..

Cette couverture célèbre..qui  fut encore  dans l’actualité :

« Giscard vend sa femme aux émirs » saisie.. interdiction .. réédition avec trois couvertures différentes..

C’était l’époque de la création , du neuf.. du créatif..  de l’innovant.. bref du bouillant.. du pas politiquement Korrect..

Le mois de mai avait laissé des graines.. ça poussait de partout.. combi Volkswagen.. et virons à Srinagar ou à Goa..

 

J’étais rentré dans une boite « costard cravate obligatoire pour les hommes et jupes pour les femmes ».

Et là ça prenait l’eau de partout.. des robes.. des jupes courtes.. pas de soutif.. des polos..

Punaise..  l’anarchie.. que dis-je, la chienlit comme  nous disait la voix  derrière l’écran noir (pas de mes nuits blanches).

Ouais..  si nous étions restés à Paname avec Mo..  en figeant le temps..

 

Sainté***  et ses poteaux carrés…

Je suis trop vieux.. l’époque d’aujourd’hui ne me plait plus.. Je ne sais pas..

Ouais..  ne restent que ces images du temps d’avant..

Parait que nous sommes des profiteurs.. On bossait 44 ou 45 heures par semaine.. mais on s’en foutait c’était bien..

Et dans notre domaine.. l’informatique c’est bien.. mais  faut le chouchouter nuit et jour, le Big Brother

Ouais, trop vieux..   trop  vieux

J’aurais dû rester à Paname avec  ma douce  Mo et appuyer sur pause .

Allez , un petit signe à mon pote de la BA115 . Il se reconnaitra…

Carpe diem

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Marc

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*** NB : les poteaux carrés de Sainté

La finale de la Coupe des clubs champions européens 1975-1976 voit le Bayern Munich remporter sa troisième Coupe des clubs champions. Les Bavarois s’imposent le score de 1-0 face aux Français de l’AS Saint-Étienne, au terme d’une rencontre qui marqua la mémoire collective des supporters de foot français.

La rencontre est globalement dominée par les Stéphanois, surtout la première période pendant laquelle ils touchent par deux fois les montants du gardien allemand Sepp Maier. Ces poteaux avaient la particularité d’être carrés, ce qui était assez rare car ce type d’anciens montants avait été remplacé dans la plupart des stades par des poteaux ronds. Dominique Bathenay et Jacques Santini seront les deux malchanceux à faire heurter le ballon sur ces poteaux, respectivement à la suite d’une frappe lointaine et sur une tête. Le match fut ainsi surnommé du côté français la « finale des poteaux carrés » en référence à ces faits de jeu, alimentant la légende autour de cette rencontre. Pour certains, si les poteaux avaient été ronds, les Stéphanois auraient inscrit ces deux buts mais en réalité, personne ne peut vraiment dire si le ballon serait rentré3.

Publié 13 septembre 2020 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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Non mais..faut pas s’gêner….   95 comments

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Cette fois c’est clair…

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Et l’alternative est simple..  soit les oiseaux ne communiquent pas entre eux.. soit il existe des marginaux.. des desperados…

Parce que bon..  nous achetons des graines l’hiver..  diverses et variées afin de satisfaire la gent ailée dans sa diversité,

des boulettes de trucmuche truffées de  savoureuses graines..

On a même fait venir d’Albion la perfide.. des distributeurs de  graines spéciales  petits oiseaux.. 

afin d’éviter un pillage  éhonté par ces perruches vertes venues de je ne sais où  et qui sont pires que des sauterelles..

Je laisse aux étourneaux plus de la moitié de mes figues.. bref..  on chouchoute le piaf..

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Et voilà que  ce bandit de grand chemin..  ce sans respect est revenu..

L’autre après midi.. bien au frais (pardon au chaud) à l’intérieur..  j’ai vu passer une grande ombre en rase motte..

Intrigué, j’ai porté mon intérêt et quelques secondes plus tard,  après avoir fait sa boucle d’approche.. 

voilà qu’un gros volatile se pose pas loin du bassin..

Et voilà.. un héron au long bec, etc, etc..  qui envisageait sérieusement de faire bombance dans notre petit bassin..

Je dois admettre que c’est un bon car pour se poser avec  tous les arbres..

La  piste est difficile d’accès.. courte et avec un piqué abrupt..  façon piste en montagne..

Bref  Tango Zoulou s’est posé.. et, circonspect, il avançait à pas comptés et menus vers son trois étoiles..

j’ai filmé un peu  au mieux et puis, trouvant que cela suffisait,  je me suis manifesté.. et d’un bond il est reparti..

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Il y a un moment, il avait su piller notre bassin.. gobant difficilement nos plus beaux carassins..

J’avais dû mettre en place un filet .. moche.. mais c’était le prix à payer pour laisser la nature aquatique en paix..

Mais quoi.. ses congénères ne lui ont pas dit que c’était une maison sympa où on mangeait bien..

mais qu’il fallait éviter d’y aller grailler quand on était pas  invité….  Oui, désolant ce comportement..

Le héron ça se clappait au moyen-âge..

Continue comme ça pépère.. je vais te la jouer Guedelon..

Non mais… !!!!

Flipper   99 comments

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J’ai dans le sous-sol  un téléphone mural à cadran,

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que j’ai installé près de l’atelier quand nous avons emménagé, il y a 40 ans , histoire d’entendre quand je bricolais..

L’autre jour, un gamin fils d’une amie, est resté figé devant ce truc qui ne me  paraissait quand même pas extraordinaire..

et qui fonctionne toujours,  eh ben si..

En fait c’est à ça qu’on se rend compte que l’on vieillit,  notre  quotidien devient de l’antiquité..

Nous sommes  entourés de reliques qui n’offrent plus aucun intérêt.. sauf pour s’interloquer:  « Mais .. comment faisiez vous »…

ou s’apitoyer: « Ahhh quand même.. ». Un téléphone à cadran.. pour composer  Vaugirard 41 15.. ou Turbigo 18 22  eh oui..

Pourtant ces choses nous ont accompagnés..  ou furent  des éléments utiles de tous les jours.

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Et j’ai repensé à un engin qui fut ma jeunesse, mon adolescence et mes débuts dans la vie active..

un truc que l’on trouvait dans tous  les bistrots..  un machin bouffeur de pièces.. qu’il fallait partager..

pas rester collé dessus comme une bernique sur son rocher..

un truc dont les bruits faisaient partie  intégrante du fond sonore du bistrot.. à tel point que son absence se faisait remarquer..

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L’odeur du café le matin… ou des croques le midi.. la fumée des clopes.. les bruits de voix.. les conversations mélangées..

bribes de vie au ballon de Gamay.. ou au blanc limé.. ça s’esclaffe.. rigole.. éclate ..

Et en fond… ces crépitements.. claquements.. tintements.. parfois  suivis de hurlements ..

Dans les bons bistrots il y en avait plusieurs…

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Cette machine faisait partie de notre vie.. comme Eddy Mitchell  et ses  chaussettes  noires ou Gene Vincent ou Bob Dylan..

rapprochait des  potes dans une compétition amicale.. « It’s more fun to compete »!

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Une machine rutilante,  des lumières partout..  le cliquetis..  l’image  du fond..  des filles en maillot.. pulpeuses..

les champignons..  score… points.. bonus..

Il  fallait d’abord poser la clope sur le bord..  le bout incandescent vers l’extérieur, mettre la pièce.. 20 centimes.. 

la bille de  métal arrivait dans la goulotte..

la poignée avec le ressort.. là.. on remonte un peu le futal.. le même tic que Bogart dans ses films..

faut se concentrer..  les potes sont autour…

tirer sur la tige en écrasant le ressort est déterminant.. la bille va être projetée plus ou moins..  

il faut qu’elle arrive là-haut au bon endroit..

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là où les petits bras mobiles des champignons vont pouvoir la catapulter .. vers les zones à maximum de  gains .. les zones  free bonus..

champignons à vachtement de points.. On tire doucement.. on dose.. lâchez tout.. la bille s’élance..

on écarte  les pieds pour prendre possession de la machine..

il y a du charnel.. les  majeurs de chaque cotés  sur les poussoirs.. le ventre à peine appuyé sur le rebord..

la bille termine son arrondi et commence sa descente..

et là commence le numéro.. la prestation.. Il faut accompagner la bille..  la guider vers les points gagnants.. 

on  se transforme en  homme bille.. puis en  bille..

Les points claquent au compteur là-haut en face.. on se déhanche.. tortille..  voire même on tente un léger coup sur la machine..

pas trop, juste de quoi modifier le destin.. on  appuie le giron..  un petit coup..  là..  on tape..

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Attention  à l’instant où trop remué.. tout s’éteint..  alors la bille descend tout droit vers la bouche moloch.. tapant dans  les  champignons morts..

une bille sans vie.. dans un champ désolé.. la bête est inanimée.. molle…

Mais là elle vit.. les points  claquent..  arrivent les parties  gratuites..

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Free bonus.. same player shoot again..  clac.. clac.. ça tombe.. ting ting..  les pieds raclent le sol où reste encore un peu de sciure du matin..

De temps en temps.. quand la bille est bien remontée.. une pause juste.. vite fait pour tirer une taffe..

Et on y retourne.. concentré.. les yeux rivés sur la bille argentée..

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Gare au malveillant qui sous prétexte de plaisanterie fine donne discrètement  un coup de hanche..

Tilt… Clac tout s’éteint.. terminée la partie.. game over..

Là y a de quoi se la mettre au court bouillon.. c’est un truc à  balancer une mandale…

Alors on se calme..  promettant  une vengeance…

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« Tiens Roger s’te plait ..  un Casa et un œuf dur..  merci.. ».

Hé, faut bien  se requinquer..

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Ça c’est comme le moulin à café coincé entre les cuisses..  avec le tiroir du bon coté..

Ça a vécu..

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Ces machines ont été remplacées par des trucs électroniques.. pas de bruits.. de clac.. de rien.. du succédané.. de l’ersatz.. j’ai arrêté..

Je ne sais même pas si il y en a encore dans les rades…

Ça fait un moment que je n’ai pas été me faire un ou deux Casa avec des potes..

Serait-ce encore de mon âge…

Surement pas.. d’abord on ne peut plus cloper dans les estancos..

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Et puis ça fait 20 piges que je ne fume plus..  quant au Casa..

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Marc

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Publié 16 février 2020 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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L’obélisque   93 comments

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Comme tous les gosses j’ai cru au père Noël..

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Cette impatience  le soir au coucher, un sommeil long à venir. .. et au matin la fébrilité.. . l’envie infernale d’ouvrir les paquets mêlée au désir que cela ne passe pas trop vite.. garder le plus longtemps possible la demi pénombre, l’odeur du sapin et des bougies que ma mère allumait peu de temps de crainte de voir s’embraser le sapin.. les chocolats.. avec de la crème dedans..

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Moi je m’empressais de  vérifier que le petit verre de gnôle que j’avais rempli la veille au soir était bien vide.. preuve indiscutable du passage du père Noël.. C’était un petit verre   à liqueur rose..  d’un petit service de carafe et six verres rapporté par mon père comme récompense d’un concours de tir..

J’ai cessé de croire l’année où ma petite sœur est née..

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Cette année là j’avais demandé un train électrique.. et quelle ne fut pas ma déception de voir au pied du sapin  un petit train   en tôle..  dont on remonte le ressort avec une petite clef et qui tourne inlassablement en rond jusqu’au ralentissement final où il faut retendre le ressort..

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J’ai été déçu.. très déçu.. mais le pire était à venir.. en allant jouer peu après avec un petit copain..  fils du pharmacien. Il m’avait exhibé son cadeau .. un train électrique .. avec des rails que l’on assemblait.. des aiguillages.. un transformateur pour réguler la vitesse.. des petites maisons.. des feux de couleurs..  une locomotive.. avec son phare.. des roues avec des bielles qui bougeaient.. bref.. mon rêve.

De retour à la maison je fis part de mon ressentiment à ma mère: « il est fou le père Noël..  à lui un vrai train électrique et moi un truc moche..’ ».

Ma mère m’expliqua que j’avais eu une petite sœur.. et c’est vrai  j’étais très heureux..  et que le père Noël avait partagé. Mais je lui rétorquais que lui aussi avait eu une petite sœur.. d’où ma perplexité et mon indignation.

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C’est ce jour là que ma mère m’expliqua pourquoi le père Noël du fils du pharmacien n’était pas le même que le mien…

En fait je fus content d’être un grand.. celui qui partage un secret à ne pas ébruiter.. je n’étais plus un gamin à qui on raconte des contes… mais je fus très triste d’ avoir peiné ma Maman en critiquant le cadeau …. Aujourd’hui encore ça me peine quand j’y pense … je savais bien que nous n’avions pas trop de sous.

Bien sur les Noëls ont continué.. je n’ai rien dit à ma sœur et j’avais encore cette impatience du matin.. et certaines fois je fus bon comédien

Plus tard.. bien plus tard, avec ma mère ,nous inventâmes un code pour qualifier les cadeaux.. Un moyen de savoir si on était satisfait ou plutôt.. bof..

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Dans un roman de E.M Remarque « l’Obélisque noir » que nous avions lu tous les deux.. il y a une stèle que le marchand funéraire  n’arrive pas à fourguer.. un truc qui ne plait plait pas.. un rossignol on disait avant.

Et quand venait le temps de la vérité sur un cadeau.. ma mère me demandait.. c’est pas un obélisque.. ? tu jures..

Le dernier obélisque qu’elle me fit .. j’en ai gardé quelques éléments quand il s’est agit de vider la maison après que… Une petite chose de rien.. qui partira avec moi.. sans que personne se doute pourquoi j’ai gardé ce petit truc… qu’importe. Quand je lui avais dit que c’était un obélisque.. je la revois me dire.. oui je m’en suis douté quand je l’ai acheté.. nous avons bien ri.. comme elle disait « c’est le geste qui compte ».

Oui, c’est le geste qui compte.. Mais le gamin, le geste, il s’en fiche.. il veut son plaisir, son rêve d’avoir demandé au père Noël et d’avoir eu ce qu’il voulait… Mais plus tard.. quand on est grand..  même bien grand et que la tête est plus pleine de souvenirs que de grands projets à long terme..

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C’est sûr.. j’aimerai bien revenir au temps de l’obélisque..

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Marc

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Publié 29 décembre 2019 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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