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Par temps gris   64 comments

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on peut…

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se promener sur la jetée,

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pagayer sur de petits bateaux colorés

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mais éviter de tomber à l’eau.

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Publié 16 septembre 2018 par Leodamgan dans Bretagne, Etel

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Souvenirs de Toulon   40 comments

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Ce que j’aimais bien quand j’étais jeune..

c’était aller à Toulon.. faire un tour au marché et sur le port…

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A l’époque.  on se garait dans l’avenue des  Tirailleurs Sénégalais ..

l’avenue qui  va au Mourillon.. et on partait à pied.. par le port pour rejoindre le cours Lafayette…

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Le matin sur le port il fait frais.. ( prononcer fré).. une petit brume  annonciatrice de chaleur enveloppe St Mandrier..

masquant dans le gris le Dixmude qui à l’époque servait de caserne..

Derrière.. de l’autre côté ..les montagnes..

le Gros Cerveau..le Faron et le Coudon..On a vanté Cézanne et la St Victoire..

mais le Faron qui domine la plaine de la Crau.. La Garde.. ça c’est quelque chose.. c’est autre chose… c’est majestueux..

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Le  matin sur le port.. les commerçants préparent la journée.. tranquillement.. avec délectation..

elle va être chaude té cette journée…

on balaie.. on fait les huit sur le sol avec la gamelle d’eau percée de trous..  il fait bon  le matin..

un petit vent  fait claqueter les drapeaux colorés des vedettes de la rade

(celles qui partent toujours dans  cinq minutes.. histoire de hâter le couillon..

alors qu’en fait c’est dans une heure..mais té..ils ne le savent pas..).

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On se dirige vers le bas du Cours Lafayette.. souvent on y voit Herrero.. pardon .. Monsieur Herrero..

masse de muscles et  de bravoure.. personnage typique.. sa couronne de cheveux gris.. son bandeau rouge.. ses bottes. ..

et son accent.. sa tendresse.. son coeur.. gladiateur du stade Mayol..

avec son frère ..ils se sont partagés les gloires et les coups…

il est là.sur la petite placette..devant la poste…

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Et le regard remonte vers le haut du cours.. survolant une marée humaine..

guidée par deux rangées de commerçants.. hurlants..vociférants..

chacun vantant sa tomate..son raisin..  ses prunes.. avec un air sous entendu..

parfois  s’interjectant avec le voisin.. comme le marchand de pizza

qui voit la poussière de terre du marchand de pommes de terre voisin nimber  et

saupoudrer ses précieuses galettes à chaque fois qu’il verse un sac de pétotes dans la caissette en bois.. 

et vaï.. ça donne du goût…

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Et l’on s’intègre dans ce flot.. difficile de s’arrêter.. 

il faut suivre.. comme un poisson dans un banc..suivre le mouvement..

monter.. jusqu’au kiosque.. on l’on achète le Méridional…

pas très loin de la boutique de l’autre gladiateur.. Gruarin.. qui vend des chemises.

Et le flot t’emporte..jusqu’à la halle aux poissons.. cimetière sanguinolent des princes de mers.. thon..espadons..

dont les carcasses rondellisées font froid dans le dos.. le sang sur le sol.. l’odeur..

c’est tout le sud.. avec sa lumière.. sa clarté.. et la mort..

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En fait..il faut aller à droite..vers la Rue Albert..

pour aller achete des moredus et des escavennes pour la pêche de demain..

bestioles au sort peu enviable.. destinées à se faire  empaler sur un hameçon de trois ou quatre..

dans l’hypothétique espoir d’accrocher le sar du siècle…

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Et on redescend.. par les petites ruelles.. jusqu’au port.. où il est l’heure de prendre un petit casa..

On sent déjà qu’il va faire chaud.. imperceptiblement la temperature est montée..

le soleil commence son travail de dessication des gosiers..

il faut humecter.. le port est toujours un havre de fraicheur..mais les zones d’ombres se sont évaporées..

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Alors on s’installe.. à la terrasse de chez Herrero.. l’autre.. celui qui a le bistrot.. et on attend la serveuse..

Celle qui a la robe vichy en corolle et le décolleté avantageux..

que quand elle se penche pour poser le verre ou la carafe d’eau fraiche..

Ah misère..on voit même le petit duvet blond qui nimbe les rondeurs bronzées d’une corolle dorée..

eh oui.. elle etait belle cette fille..

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Oh..je ne suis pas devenu pochtron à cause d’elle…  mais c’est vrai que j’ai pris gout au casa..

Et quand il m’arrive aujourd’hui.. d’en prendre..un.. je pense à elle..

et oui..Nine tu étais belle dans ta robe vichy..

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Eh oui.. je suis retourné à Toulon sur le port.. je n’ai pas vu Herrero..

je n’ai pas bu de casa..

je n’ai pas vu les seins ronds et bronzés de la serveuse..

ma jeunesse a   fondu.. comme un glaçon dans le verre..

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Basta cusi…

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Marc

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Publié 23 août 2012 par Leodamgan dans Prose à Marc

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