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Sacs en plastique.   49 comments

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Cette fois..  ça y est..

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En principe..  nous quittons le  sacplasticorien.. étage à oublier de  l’anthropocène.. pour passer  au sacenpapierien . Si on pouvait faire pareil avec les mégots sur les plages..  époque du cradingrien.

Bref, ça y est, c’est voté, tamponné,  entériné : terminés les sacs plastiques qui volent au vent, polluent, détruisent la faune. On passe au papier  ou au sac biodégradable. Ce dernier,  il est à perfectionner.. car pour être mince et fragile.. il est mince et fragile. Ils ont inventé des sacs  « la Pléiade ».

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Mais bon.. selon les historiens..  les plasticologues.. car à l’instar de ces  politologues  avisés qui nous expliquent pourquoi  il faut se serrer la ceinture.. pourquoi  n’y aurait il pas de plasticologues? Avec une écharpe rouge autour du cou à la télé, même si il fait 37 degrés dehors. Oui ça existe.

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On nous date au carbone  quatorze l’arrivée du sac plastique dans les années  soixante mais c’est pas précis ça.

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Moi ce que  je puis dire.. c’est que quand j’étais gosse.. ma pauvre Maman  a tenté d’apporter sa contribution au budget du ménage.. et qu’elle avait trouvé comme  travail à domicile :  passer deux coulisseaux rouges de chaque coté  d’un sac plastique..  dans des petits trous idoines.. de telle façon qu’en tirant de chaque coté  le sac se ferme.

Je devais avoir 7 ou 8 ans. Un  gonze venait  en voiture.. il déposait un énorme tas de sacs  plastiques .. les coulisseaux rouges.. reprenait ceux qui avaient été faits. Je revois ma mère s’échinant à passer cette p… de petite ficelle.. fallait plier.. passer.. un vrai bordel.. J’en ai  fait avec elle  pour l’aider au mieux.. c’est  vrai que j’avais les doigts plus petits.. et puis ça me faisait de la peine de la  voir s’échiner.

Oui.. sale époque..  elle était auto entrepreneuse avant l’heure..  auto exploitée,  oui.. et déjà des sacs plastiques.

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J’ai un autre témoignage.. au lycée en 3ème.. à l’époque où les  boutons sur le blaze peuvent rivaliser avec ceux des arbres au printemps..  l’époque  où l’intérêt pour Blek le roc  devient secondaire et où, comme dirait Souchon, on est plus porté sur le mystère du dessous des jupes des filles..  un collègue inventif avait mis au point une petite source de revenus.

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Il glissait sous son pull deux  petits  sacs plastiques emplis d’eau.. et contre dix ou vingt centimes de l’ancien temps ..

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il garantissait une palpation tout a fait identique selon lui  à l’effet tant imaginé et phantasmé  d’une poitrine féminine.. ahh l’imagination.. reine des facultés… 10 centimes .. pour 10 centimes en fermant  les yeux.. c’était  pareil selon lui.

En fait, il avait presque inventé la prothèse .. je ne sais même pas si  ça existait à l’époque. Ceux de cette pauvre Jane Mansfield paraissaient bien vrais.

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Donc premier témoignage.. en 1959.. le sac plastique était arrivé en banlieue.

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Mais continuons nos investigations..

Plus tard, élève à Clichy dans un bahut  prés des quais de la seine, et dont la rue était fort calme puisqu’en face du lycée était une petite usine de ferraillage et autres produits afférents.

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Une rue si tranquille.. que le soir, des voitures venaient s’y garer et que des  couples plus ou moins légitimes  s’y livraient à des exercices  gymniques allant des plus simples.. aux contorsions les plus  compliquées..  dans ces cas là , le plus souvent sous une couverture.

Ce que ces amoureux qui répugnaient aux bancs publics ignoraient, c’est que dans ce bahut.. en principe vide après dix huit ou dix neuf heures.. il y avait un internat.. et qu’après des journées bien longues à s’avaler du calcul intégral ou des cours sur les jonctions multicouches des transistors.. qu’on le veuille ou non.. y a un moment faut que ça tourne à la déconnade.. c’est comme ça.

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Alors quand ça partait.. ça partait.. Nous remplissions des sacs plastiques d’eau.. et  accoudés aux fenêtres .. voyeurs hilares.. nous attendions le moment qui nous semblait le plus sommital pour balancer nos bombes à eau sur la voiture..  le summum étant de voir le visage effaré des gens qui  se rendaient soudain compte que tout avait été suivi.. comme par Zitrone rue Cognac Jay.

Bien sûr.. les éclaboussés d’un soir ne revenaient pas.. mais le lieu était si pépère.. que d’autres  se faisaient  piéger tout pareil.

Il faut noter que ce procédé de bombe a eau est la version de base.. sans vouloir m’attirer de foudres.. je sais qu’il existe des clubs de football.. où le supporter adverse est accueilli avec des bombes à eau.. mais  l’eau a été remplacée par un liquide plus humain.. et plus facile à trouver dans un stade où l’ingestion de bière facilite le processus.

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En résumé  en 1965..  le sac plastique était si facile à trouver qu’on pouvait en faire des bombes à eau.. sans  éprouver le  sentiment de perdre un précieux contenant.

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Cette rue était tranquille (jours tranquilles à Clichy).. mais un soir on a entendu un hurlement presque inhumain.. en bas.. un gars était entouré par  trois ou quatre rombiers..  qui brandissaient des surins.. avait-il été  touché ou avait-il  simplement  peur..  une peur qui fait pousser un cri animal.. toujours est-il que pendant qu’un paquet de potes dévalait les escaliers quatre à quatre..  nous avons hurlé  :  « on vous a vu.. on vous reconnaitra.. tiens bon on arrive » ..  on a fait un tel barouf  que les gars du soir qui bossaient dans l’usine d’en face sont sortis..  les lardus sont venus.

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Le sac plastique support de publicité.. le sac plastique frime.. qui n’avait pas son sac marron marqué FNAC?  Le sac plastique était partout.. il envahissait  notre quotidien.. terminé le poisson dans  le journal.. terminé le cabas en  toile cirée noire.

Le sac plastique est devenu, comme le mégot,  une des traces que l’homme moderne laisse de son passage.. pas terrible.. pourrait faire mieux. A Paname, un lâcher de mégot c’est 68 euros maintenant.. punaise.. il y a une fortune sur la plage.

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C’est sûr, il était temps que la sacplasticomania cesse..   y’en a partout.. ceci dit, ce n’est pas la faute du sac.. ce n’est pas ontologique (ndlr: j’adore ce mot, Onfray en met partout dans ses phrases.. et j’ai parfois du  mal à en appréhender la signification dans le contexte, il doit avoir une machine à saupoudrer les mots.. c’est son herbe de Provence à lui).

Le sac jeté  partout.. c’est bien l’homme lui-même qui en est responsable.. et il y en a du dédaigneux de la nature.. du méprisant  du bien commun..  du gros dégueulasse.

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Je vais quand  même regretter un  aspect du sac plastique..  ce qui était écrit dessus.. la raison sociale du commerçant.  Etant  gosse je gardais comme un dernier morceau de souvenirs.. histoire de bien  me meurtrir l’âme.. le sac du charcutier ou celui du boucher..  « Charcuterie  XXX   Ondres »  .. « Boucherie YYYY Le Pradet.. marchés de La Garde, La Valette, Cuers » . C’était le sac qui gardait les belles images, les odeurs, les sons.. rien que le regarder  l’émotion montait.

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Hasta la vista  sac plastique.. qu’il en soit ainsi.. le 7ème continent.. la honte.. pas fiers  de ce qu’on laisse à notre descendance.

Espérons que les humains ne trouveront pas autre chose pour saloper  notre planète. Mais je crois hélas que c’est déjà fait.

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Business is business…

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Publié 17 juillet 2017 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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Bouteilles à la mer   48 comments

Bouteilles à la mer

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Bouteilles à la mer…

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bouteilles1

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bouteilles2

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… se rassemblent sur les plages.

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Publié 24 juin 2012 par Leodamgan dans Bretagne

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