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Il ne court plus le furet?   46 comments

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Je crois que c’est ce que nous avons vu dans le jardin.

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Il avait l’air mal en point mais pas effrayé par nous.  Il a fini par partir sans précipitation.

Plus tard, nous l’avons vu pénétrer dans un jardin voisin.

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Et qu’est-il arrivé à ses oreilles?

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En m’informant sur internet et d’après les photos, je pense qu’il s’agit d’un furet.

J’ai appris que le furet actuel est un animal exclusivement domestique, le furet sauvage étant une espèce différente.

Peut-être a-t-il été abandonné par ses maitres ou s’est-il perdu?

D’après ce que j’ai lu, les furets sont incapables de survivre à l’état sauvage.

A-t-il été attaqué par un chien? Cela pourrait expliquer son état.

Pauvre bestiole!

Publié 22 juillet 2017 par Leodamgan dans Faune domestique, Non classé

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Dédé.. *   40 comments

C’était lors d’un retour d’Etel,

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nous étions arrivés en avance, comme d’habitude, à Lann Bihoué et nous attendions l’heure de l’enregistrement.

Pas grand monde comme d’usage, les mêmes revues sur la petite table, et l’œil qui vagabonde, examinant les gens, essayant d’y associer une histoire, un métier.. Sur les sièges à gauche, deux hommes, l’un âgé, l’autre son fils, sans doute.

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Tout de suite, le vieil homme me fit penser à mon père, sans doute la même génération, la casquette vissée sur le crane, blouson en gabardine, et des chaussures à grosses semelles, bien cirées, celles qui sont inusables, et qui ne sortent que très rarement du placard.. pour les occasions..

Pas très grand, ses mains à la peau fine comme du parchemin, encore fermes, tenaient une petite sacoche noire où il avait rangé ses papiers et son billet d’avion qu’il sortait, rangeait, ressortait en écoutant distraitement les rares propos de son fils.

Oui, il me faisait penser à mon père qui avait décidé d’arrêter de jouer à la vie quelques mois auparavant, et son image était encore tres présente..

Tout y était, la taille, la casquette, le blouson de gabardine beige aux poignets à boutons-pressions.. avec le petit rabat.. l’inséparable sacoche.. les chaussures..

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A l’heure dite, nous sommes descendus à la porte pour l’embarquement, rapidement rejoints par le vieil homme.. seul..

Il s’assit près de nous.. sortit son billet de sa sacoche, et me demanda si c’était bien là le vol pour Paris.. car précisa-t-il.. il allait à Marseille, voir un camarade de la guerre, qui n’allait pas très bien et qui souhaitait le revoir..

Je confirmai que c’était bien là..

Enhardi par mon sourire, et sans doute lut-il dans mes yeux quelque chose comme une bouffée de souvenirs et de tendresse.. il me confia qu’il s’inquiétait un peu car c’était son baptême de l’air.. et la correspondance pour le vol de Marseille le tracassait.. saurait-il trouver son chemin..

« Tu suivras les panneaux » lui avait dit son fils..

Je le confortai en lui assurant à peine une petite accélération au décollage, mais le temps étant beau, le vol serait sans secousses.

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Je gardai au fond de moi mes inquiétudes partagées pour la correspondance, imaginant mon père seul quatre vingt dix ans passés.. pour se dépatouiller des panneaux.. « Departure ».. « Hall ».. « Gate »..etc..

En grimpant la passerelle, je me suis présenté à l’hôtesse, comme il convient de le faire quand on est un « Passager Compagnie » et je lui parlai du baptême de l’air de mon nouvel ami.. Dédé.. m’avait-il confié.. et surtout lui fit part de mon souci pour la correspondance .. et si le Captain pouvait demander une assistance à Orly.. ce serait une aide précieuse..

En cours de vol, elle alla s’inquiéter de Dédé qui était quelques rangs derrière, et m’informa que le nécessaire avait été fait par le Captain, et qu’il serait accompagné pour la correspondance.

Rassuré, je regardais fréquemment le père Dédé qui profitait du paysage me faisant signe que tout allait bien.

A l’arrivée, j’ai salué   notre ami, qui m’a remercié chaleureusement, et nous sommes descendus pour gagner la navette qui nous emmène au terminal.

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Au pied de l’avion, je vis mon ami Dédé, et un jeune avec son carton d’UM ** au cou qui attendaient, en compagnie de l’hôtesse et du chef de cabine, le minibus et le personnel aéroport chargé de l’accompagnement.

La navette arrivée, la discussion me parut longue et de mauvais augure.. Et au final, je vis rappliquer Dédé et l’hôtesse…

Arrivés près de nous elle me lâcha courroucée : « Ils ne veulent pas s’en occuper.. il aurait fallu prévenir plus tôt.. et moi je.. moi.. »

« Bon, je vais m’en occuper.. » dis-je.

Voyant que je partageai le problème elle précisa : « Ben je n’ai pas trop le temps .. je dois aller chercher ma fille.. mais je vous guide jusqu’au comptoir.. ».

Le car roulait et Dédé avait bien perçu le problème et nous regardait alternativement l’un et l’autre.. un peu perdu..

Nous répondions par des sourires ponctués de : « pas de problème..ça va aller.. on vous guide..»

Mais je sentais bien son angoisse grandir.. le pauvre se confondait en remerciements..

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Arrivés au terminal, j’ai pris le bras de Dédé et nous avons essayé de suivre la jeune femme, aussi vite que nous pouvions.. elle marchait d’un pas décidé.. le pas de celles qui savent où elles vont..

Et Dédé qui maintenant un peu plus pesant à mon bras.. répétait : « Quel monde.. j’auras pas trouvé.. j’aurais pas trouvé.. »

Nous frayant le passage, nous sommes arrivés au bureau où Aéroport de Paris gère les accompagnements .. elle s’est excusée de ne pouvoir rester et m’a assuré qu’elle me reconnaitrait à coup sûr.. si sur un prochain vol..

Dédé était cramponné à moi, comme un naufragé, sa main me serrait le bras.. j’ai expliqué au guichet notre affaire et la dame a assuré prendre Dédé en charge.. j’ai commencé à lui expliquer que tout était réglé.. et qu’on allait l’accompagner..

« Vous partez..vous me laissez.. » il s’est jeté dans mes bras.. et s’est mis à pleurer..  J’ai cru un instant qu’il allait faire un malaise.. la dame du guichet essayait de la rassurer.. Mais, il s’est ressaisi.. «  Je ne vous oublierai pas » murmura-t-il.. « Jamais.. je n’oubliera jamais ce que vous avez fait.. »

J’étais ému.. le passé revenait avec le présent.. il était si léger si fragile dans mes bras.. Il a tenu à ce que nous échangions nos téléphones..nos noms..

« Marc.. oui..je n’oublierai  jamais.. je vous appellerai.. »

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Je suis parti en le serrant encore une fois très fort.. Les semaines ont passé, je n’ai pas eu d’appel.. alors c’est moi qui….

« Ah oui.. oui.. » comme on se souvient d’un épisode terrible.. «  j’ai été très malade au retour.. à l’hôpital.. je vous rappellerai quand j’irai mieux.. »

Il n’a jamais rappelé.. je n’ai jamais revu la jeune femme blonde de BRITAIR.. (c’est vrai qu’il y a peu de chance..)

En ce jour de printemps..  juste une tranche de vie..

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Un proverbe dit : « On devient un homme..quand on devient le père de son père.. ».

An amzer a dro An Ankou a sko

(Le temps passe, l’Ankou frappe)

 

* bien sûr de son vrai nom.. Dédé ne s’appelle pas Dédé.. et il n’allait pas à Marseille..

** UM : Unaccompanied Minor

Marc

 

 

Publié 21 mars 2015 par Leodamgan dans Prose à Marc

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Le pigeon et les pigeons.   41 comments

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C’était hier :

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Alors que planche sciant,  sur la pelouse estoit..

Un pigeon  peu farouche se posa près de moy.

L’intrigant volatile  m’approcha si près  que je  crus

qu’il vouloit de ma part  un gratte-gratte en signe de bienvenue….

Tourna autour de moi … dodelinant le cou

Sans  une roucoulade ou le moindre crou-crou..

J’aperçus sur chaque patte une  bague serrée

Indiquant  sans détour  que l’oiseau  domestiqué,

Sans  doute las d’une course trop longue  ou bien surestimée,

 Avait choisi  ce  havre pour  s’y reposer..

Toujours claudiquant,  fit le tour du bassin  picorant par ici.. picorant par là son attitude était claire.. de ma part   de  l’aide était en quête ..

Allant même  vouloir entrer dans nos appartements par la porte  entre-ouverte..

Emus par tant de peine et sa fatigue extrême..

nous lui portâmes  bol d’eau et une poignée de graines..

Il but  bien prestement et pour nous faire honneur avala quelques graines  sans mettre trop d’ardeur..

Puis s’immobilisa .. et se recroquevillant s’apprêta à dormir d’un sommeil  reposant..

Mon inquiétude fut grande.  Le retrouverai-je matin?

Un greffier  malveillant fera-t-il son festin?

 

Ce matin  aux premières lueurs ma pensée fut pour lui ..  Le trouverai-je mourant ou raidi dans la mort..

Bien vite je suis sorti afin de voir dehors..

Notre hôte était parti.. avait repris  son vol

Sans doute ragaillardi par  nos graines et  son bol..

 

Pas ingrat pour un sou .. et pour  nous remercier

Ce gentil voyageur, une petite table basse avait décoré..

 

Moralité:  c’est dans la merde que l’on reconnait ses amis…

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Marc

 

Publié 8 mai 2013 par Leodamgan dans Faune domestique

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Mon paradis perdu   19 comments

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Il y avait dans le temps


un endroit.. connu de beaucoup d’initiés..qui y communiaient en secret…

mais qui était un lieu de perdition.. de rêve..

un repaire paradisiaque.

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Oh non il n’était pas habité

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par des créatures .. comme les gueuses du Walhalla..

succubes  au corps à peine voilé guettant goulument le chaland

égaré.. le guerrier mort l’épée à la main..en hurlant Odin..

( comme ce vieux Kirk Douglas au Fort La Latte..)

un lieu de débauche pour nantis ( oui, je sais, c’est pas le moment..) réservé à une frange d’initiés..

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non.. mieux que cela.. le phantasme à l’état pur.. le rêve..
un monde solipsiste..

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le sous sol du magasin deux de la Samaritaine..

le rayon bricolage…

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les créatures qui vous y accueillaient étaient le plus souvent des hommes en blouses grises..

compétents et attentionnés..

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Et les quelques créatures du sexe féminin qui y vivaient

n’avaient rien de comparable avec celles parfumées..maquillées ..miches serrées et la bouche en cul de poule..

au regard un peu méprisant de celles qui officiaient au rayon parfum..

dans un autre magasin. .. à la lumière..

celles là étaient compétentes, efficaces..professionnelles..

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Là..le monde troglodyte.. vous recevait..

vous immergeait dans une fraternité de connaisseurs..

un brouhaha discret.. comme dans un lieu saint..
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certes..il fallait savoir qu’au sol..les bandes de couleurs

étaient le fil d’Ariane des autres magasins..

le bleu pour le numéro 3..le jaune pour le 1..

mais l’initié savait.. et circulait là dedans

comme un saumon revenant sur son lieu de naissance..

aller à la vaisselle sur le demi étage..pas de problème..

à l’oisellerie au dernier étage..aucun souci..

cet endroit était la cour des miracles.. on y trouvait tout..

et même des choses que l’imagination la plus débridée n’aurait oser inventer..

le plaisir malsain de plonger sa main dans la boite de vis de huit..

ou de boulons de douze..

des boites comme celles des grainetiers..

ou du marchand de bonbons qui officiait à la porte…

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Partout des casiers en bois patinés par les attouchements..

dans lesquels on versait des cartons de vis. de clous.. d’écrous et de boulons..

différentes tailles ..modèles..

et on achetait au poids.. le tout mis dans une enveloppe sac en papier kraft marron

tamponnée     » La samaritaine    »

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ah certes.. ça n’a rien à voir avec le  » blister  » d’aujourd’hui..

cette saloperie en plastique épais qui protège la vis en alliage alumino galvanisé..

sans doute fabriquée je ne sais où.. ( et taisons le..)

et dont la robustesse est celle de la guimauve un soir de fête à Neuneu..
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non..là,  elle s’était laissée palper, la vis,  ..étreindre.. estimer..

en fait.. le magasin avait confiance..

et c’est vrai qu’aucun des communiants n’aurait oser en mettre une poignée dans sa poche..

ça n’était pas de mise dans la confrérie..

sans doute quelques hérétiques se sont livrés à ces jeux pour assouvir une pulsion kleptomane..

mais chaque habitué.. avait le regard réprobateur.. intense..

il convenait de fixer intensément le contrevenant..
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ah le sous sol du magasin deux.. que de temps y ai je passé..

avec le plaisir suprême de donner des renseignements aux nouveaux prosélytes..

il suffisait d’être en veston ( comme on disait à l’époque) et n’avoir aucun sac ou autre sacoche..

pour passer pour un chef de rayon..

le couronnement suprême était de donner un renseignement sur un objet difficile à dénicher..

un bouvet..?? oui monsieur.. sur votre droite là bas.. derrière les forets..

le bloc moteur Peugeot..oh monsieur.. en 500 watt il sera un peu juste pour le 12mm dans le béton..

il vous faut directement la 1200 Watt..
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eh oui.. que de souvenirs dans ce lieu..

que de rêves de pavillon..de bricolage.. d’atelier bien rangé…

Il y a des coins dans Paris.. où je n’ose plus retourner.. je n’ose plus ..

c’est trop d’émotions de voir ce qui est arrivé..comment tout a changé..

oui, je sais, c’est le progrès..c’est inéluctable…

mais trop de choses remontent.. sans doute aussi la secrète douleur d’avoir perdu sa jeunesse..

Je ne sais pas ce que sont devenus les vendeuses et les vendeurs..

mais je les remercie..

ils aimaient leur métier.. ils étaient compétents et serviables..

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 Vendeurs de la Samaritaine

sous-sol du magasin deux..

merci..

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Marc

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Publié 21 mai 2011 par Leodamgan dans Prose à Marc

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