Archives du tag ‘Nostalgie

Que le temps me dure….   109 comments

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de retrouver mon petit Liré Breton..

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De humer l’air frais et parfumé du matin..

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Entendre le vacarme criailleur des  goélands qui se chipotent les centimètres sur le port.

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Voir les petits soleils levants frileux sur la ria..

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Que le temps me dure de retrouver le port..  les  viviers du Pradic  près de l’ancienne glacière..

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Que le temps me dure de retrouver le gout des huitres, des langoustines..

Oui que le temps me dure..

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Que j’aime ce pays.. quand le  vent fait siffler les fils et gronder la barre ..

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Je l’aime quand le soleil se couche en flamboyance. .  à rendre jaloux les rougeoiements des  mers du sud.

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Je l’aime quand il pleut, que le vent nous lance ses gouttes salées ..

Gast .. !!  je  l’aime ce pays..  et il me manque.

 

Le texte est de Marc

Publié 10 mai 2020 par Leodamgan dans Bretagne, Etel, Non classé

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Nostalgie d’ovalie   45 comments

Fait du vent.. fort.. on attend 130 km/h cette après-midi.. la rivière d’Etel est bien haute..

et Mo me lance des yeux de biche en me demandant si des fois,

je n’aurais pas une idée de Blog..

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Va savoir…

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Alors, l’actualité aidant, je ne parle pas de l’odyssée.. d’Ulysse and Co.. je parle du match de samedi.. que les journalistes toujours avides d’anglicismes, ont baptisé « le crunch ».. moi, ça m’horripile ces mots anglais partout.. crunch, punchline, pitch.. encore écrit comme ça.. crunc’h.. ça ferait plus Breton que Grand-breton!

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chabalChabal

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Pour moi France-Angleterre.. c’est l’histoire.. comme avait lâché Alphonse Alimi le boxeur. Il avait vengé Jeanne d’Arc.. c’est Trafalgar, Fachoda.. Mers el Kebir.. sur la pelouse bien sûr.. en fait je les aime bien les Rosbifs.. surtout quand ils perdent..

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lomuLomou

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Tout ça à cause du rugby.. prononcer à la française : ruby.. si on peut rouler le « r » c’est encore mieux.. j’ai découvert ce sport quand j’avais une quinzaine d’années.. et malgré les espoirs de mon père, je n’aimais pas trop le foot..

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dessin7.

il avait beau m’emmener au Parc des Princes.. l’ancien.. celui avec la piste cyclable où crissaient les crampons.. me faire vociférer aux exploits du Racing Club de Paris je suis tombé dans l’ovalie.. avec plusieurs camarades de classe, on s’était inscrit et le jeudi (je crois bien que c’était le jeudi après-midi à cette époque), on allait au stade Pershing ou au stade Bonvoisin à Vincennes.. tâter du cuir..

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dessin6.
Je n’ai jamais été fluet, et je me suis retrouvé numéro 3.. c’est-à-dire l’un des trois qui poussent devant à la mêlée.. à droite.. sort peu enviable.. car à notre niveau de jeu.. l’activité se résumait à pousser comme des bœufs.. soufflants et transpirants, l’oreille et la joue sur celle du mec d’en face.. La sueur.. les cheveux collés..le souffle..le bras au dessus du plus petit au milieu appelé le talonneur.. avec le bras du mec derrière qui t’attrape le short par devant comme il peut.. l’objectif était de faire passer le ballon derrière.. bien sûr les échanges de coups de satons étaient monnaie courante.. et je m’étais bricolé des espèces de protège-tibias pour mettre sous mes chaussettes.. donc on poussait.. soufflait.. le plus souvent ça se terminait en magma humain.. ceux au maillot propre derrière s’étaient déjà amusés à faire quelques courses et passes.. que se relevant à peine.. il fallait jouer une touche.. ou pire.. refaire une mêlée..

.melee

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Notre jeu n’avait rien de ce que l’on voit à la télé.. c’était brouillon, mal organisé.. mais il y avait cette chose unique de ce sport unique.. une unité, une seule envie. . un seul but.. gagner ensemble.. une solidarité, une fraternité.. comment pourrais-je transcrire cette sensation.. cette force qui vous pousse.. cette puissance que l’on ressent .. ces grognements.. cette odeur de sueur et d’haleines mêlées.. la douleur à l’épaule.. à l’oreille .. ces cris.. durant ces minutes le monde se résume à la pénombre de l’arc de cette cathédrale humaine..

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rugby1.
si ça s’effondre .. on se retrouve face contre terre.. le nez dans la boue.. désarticulé.. l’hiver quand les corps fument.. la mêlée se transforme en un organisme vivant.. qui se déplace.. d’avant en arrière.. bouge.. vit.. meugle… nimbé de brume.. une communion.. bien sûr c’est un sport dur.. qui fait mal.. quand se termine le match..

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c-rivesRives, dit : « casque d’or ».

le retour aux vestiaires.. joyeux de la victoire ou tristes .. les corps sont meurtris.. couverts de boue.. on récupère un peu.. assis sur le banc.. l’entraineur essaye de dire les mots qui vont bien.. et puis la douche.. chaude.. très chaude.. qui nous sort de la gangue de terre et de boue.. les petits picotements commencent.. les petits saignements des griffes .. estafilades.. coups de crampons.. la boue avait étouffé le saignement.. mais là il se libère. .. ça picote, ça cuit.. l’épaule fait mal.. le genou..

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chaussures.
A l’époque, les crampons étaient constitués de petits disques de cuir cloués sur la chaussure.. bien sûr, à l’usage, le petit clou était plus apparent …
J’ai joué deux ans.. et puis après le bac, l’école à Clichy.. ce fut moins facile.. alors je me suis tourné vers autre chose.. j’ai pratiqué l’aïkido.. j’ai bien aimé..

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dessin-2

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Mais jamais je n’ai ressenti ce que j’ai vécu durant ces deux années.. inscrites au plus profond de moi.. peut-être je paye aujourd’hui avec les genoux qui sont douloureux.. et l’épaule qui m’a abandonné.. quand je regarde un match à la télé.. tous ces moments remontent.. les odeurs.. les cris.. les coups..

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L’autre fois.. la jeune fille d’une amie qui était allée voir un match à Twickenham.. me faisait part de son étonnement d’avoir entendu le bruit.. le choc des corps.. ben oui.. à la télévision on ne le perçoit pas.. mais ça fait du bruit.. masse contre masse.. corps contre corps.. pas de protection.. masse de muscles contre masse de muscles..

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Ce samedi soir c’est France-Angleterre..

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Je penserai à ma jeunesse.. à ces moments intenses.. je penserai au match France-Angleterre de 1970.. quand l’essai valait 3 points.. je l’avais suivi ce dimanche après-midi depuis le foyer des soldats.. où je faisais mes 16 mois.. les Français avaient étrillé les Anglais 35 à 13.. Historiques, les Dauga, Trillo, Bourgarel (un ailier aux jambes de feu***)..

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Depuis le temps a passé.. les règles ont un peu évolué.. l’essai vaut 5 points.. le professionnalisme est arrivé.. la publicité sur les maillots.. et les affaires de dopage.. eh oui.. mais l’esprit reste.. Je pourrais écrire des heures sur ce sport..

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Pour la conclusion.. je suis partagé entre deux pensées :
Celle de Saint-Exupéry : « Le but du sport est d’unir les hommes »
ou celle de Walter Spanghero.. (merci à lui) :
« Eh bé.. si j’avais pas eu le nez.. je prenais son coup de poing en pleine figure »

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logo-ffr.
Allez France !!!!

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Marc

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*** Bourgarel était d’origine antillaise. Lors de la tournée de l’équipe de France en 1971, l’Afrique du sud où sévissait l’apartheid s’opposa à sa venue. Le Président Ferrasse, appartenant aux « gros pardessus » comme on dit, fut très clair : ce serait l’équipe de France avec Bourgarel ou rien. Durant les matches, le malheureux Bourgarel fut l’objet d’agressions terribles. Mais ses camarades : Dourthe, Skrela , Spanghero .. lui manifestèrent ce que ce jeu nous donne : de la solidarité. Il y eut une gigantesque bagarre générale, puis le jeu reprit et le second « test match » se termina par un match nul. Sur un drop de Cantoni..

Publié 4 février 2017 par Leodamgan dans Divertissement, Non classé, Prose à Marc

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