Archives du tag ‘Boulangerie

Tranche de pain, tranche de vie…   53 comments

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Ce matin, comme tous les dimanches…

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J’ai fait mon viron* du dimanche: le pain, puis le cimetière sur la tombe de mes parents.. un rituel…

Ici dans notre commune, le pain, le bon pain est une denrée rare..

Il a plus  d’innovants qui ont réussi le jumelage avec Monsieur Bricolage… tu as un pain insipide le midi.. et un marteau le soir..

J’ai fait la remarque une fois… le gonze* m’a rétorqué que la ficelle, c’était  fait pour manger   »de suite »…

Mais il y a un boulanger qui fait ses trucs à l’ancienne.. il  est bardé de médailles..  façon meilleure baguette, meilleur éclair etc..

Tout ça pour dire que son bricheton*  a le goût du pain d’avant..  et le dimanche matin, y a intérêt à se pointer à l’aube.. car il y a du peuple..

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En fait, j’en ai déjà parlé… c’est celui qui a installé sa machine à  aspirer les biffetons.. une machine inventée par Bercy sans doute…

En tout cas, pas de bol.. ça fait un mois que  sa moloch à flouze* est en rade.

Tractation à l’ancienne..  faut cigler* dans les doigts farinés et fuselés de la  boulangère.

Bref ce matin, faisant une croix sur ma grasse mat’, je me pointe, le jour se levant à peine, vers les  huit plombes..

Hé ben mauvaise pioche y’avait pas une place pour se  garer…

Obligé de se garer à perpète.. bref, je me gare devant une maison en construction.

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En même temps que je m’extrayais du véhicule.. de dessous la palissade, sort un beau greffier*.. un beau bestiau au poil gris.. un gris tendre… gorge de pigeon.

Le matou se dirige vers moi en miaulant avec véhémence..  tête bien droite.. décidé…  gueule grande ouverte à me montrer ses petits crocs..

Il y a un truc qui lui déplait.. en fait il me demande quelque chose mais quoi..

Je lui parle doucement.. il vient frôler mes fumerons* histoire de déposer ses phéromones..

Il accepte  poliment un gratte-gratte sur le crâne mais sans plus.. juste histoire de dire… « OK gratte moi.. mais agit.. ».

J’ai fermé la caisse à boulons et suis parti chez le roi du fournil..

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A mon retour, à peine arrivé-je à quelques mètres, il est sorti de dessous la voiture pour me vilipender de nouveau.. il venait vers moi, sa petite tête.. ses grands  yeux guettant le geste attendu..

C’est clair, je ne répondais pas à ses espérances..

Je lui ai expliqué  avec regret que je n’avais rien à lui donner…  j’ai refermé le coffre..

Il a dû comprendre que  nous n’étions pas faits pour  partager..

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Il est reparti digne mais déçu.. la queue en l’air.. me découvrant son trou de balle rose..

Ben oui..  j’ai failli.. va savoir..

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Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.

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Marc

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viron : petit tour, balade..

gonze : bonhomme, type..

bricheton : pain

flouze : argent,

cigler : payer

greffier : chat

fumerons : jambes

 

 

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Publié 16 décembre 2018 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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Modernité   60 comments

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La boulangerie où j’ai l’usage d’aller était fermée.. en travaux depuis fin juin..

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j’allai donc à la maison mère puisque ces deux boulangeries sont jumelées et on y trouve un pain qui est un pain.. des ficelles trop pâlichonnes à mon goût mais qui ne deviennent pas des bâtons de police le soir..

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j’avais fait remarquer ce phénomène à un autre boulanger.. il m’avait rétorqué, outré, que les ficelles étaient faites pour être mangées dans les quelques heures.. pas à garder pour le soir.. eh oui.. un boulanger qui avait dû sécher les cours.. ou un gougnafier bon à crucifier sur son fournil…

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Bref ce matin, la boulangerie usuelle était ouverte..  transformation significative..  espace plus grand.. présentoir des gâteaux en arc de cercle pour faciliter la file d’attente qui en général se prolonge de plusieurs  bons mètres dans la rue.. une boutique nouvelle.. une caissière nouvelle.. et l’autre qui me connait et que je complimente pour les travaux..  une caisse nouvelle.. et nous y voilà.

Je prends mes pains habituels.. des « petits Morin »  du nom du sous-affluent de la Seine qui coule en Seine et Marne..
(NDLR : en fait il y a le petit Morin et le grand Morin, Morin signifiant marais en briard).

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Je complète avec deux gâteaux et m’apprête à lui tendre mon biffeton de 20 euros.. quand elle m’indique, au bas de la caisse, deux espaces en creux dont l’un muni d’une fente et m’enjoint d’y glisser mon billet… je m’exécute et la machine telle un ministre de Bercy m’aspire goulûment le billet.. pour le recracher aussitôt..
Eh oui, en bon vieux inadapté au modernisme je n’ai pas calé mon billet sur la partie droite de la goulotte.. servant ainsi de guide.. ce qui, avouons le, sans explication, n’est pas d’une évidence biblique..

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(non, cela ne me ressemble pas).

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Fort heureusement, en ces  jours d’aout et si tôt, il n’y avait personne derrière moi pour lever les yeux au ciel en pensant que, décidément, les personnes âgées sont un poids pour les actifs qui n’ont pas que ça à foutre , eh oui.. ces  actifs fringants  greffés  du smartphone.. pas patients.. t’inquiète mon gars.. ton tour viendra.. ! 

( peut être…).

.Je réitère  la manœuvre sous l’œil bienveillant de la caissière.. mon  billet disparait dans cette fente Darmanesque.. et un cliquetis m’annonce dans le creux d’à coté.. tel un bénitier en plastique avec un plan incliné (pas très bien orienté et donc perfectible) la monnaie qui dégringole comme dans les phantasmes de l’oncle Picsou..
Misère.. au lieu d’entendre le traditionnel..  30.. 80.. et 20 qui font 100.. voire,  comme  on disait  du temps d’avant, et 20 ça fera la rue Michel.. une machine.. le gros pognon entre.. le petit pognon sort..

J’en suis resté comme deux ronds de flan.. (c’est la cas de le dire puisque nous parlons monnaie).

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En regagnant la voiture  après avoir trouvé que c’était  pas mal.. j’ai songé à tous ces doigts plus ou moins propres qui allaient caresser cette sébile à flouze..
Z’auraient pu faire balancer un coup de pouit-pouit (désinfectant).. histoire de désinfecter.. ça va devenir rapidement un  nid à microbes.. les scrofuleux.. eczémateux.. les ceusses qui ne se lavent pas les mains après avoir été  lisbroquer ou  couler un bronze..

Beuah.. tu prends  ton pain main droite.. tu changes de main pour récupérer ta braise.. et tu reprends ton pain.. le tartinant avec les cadeaux  bonux.. beuh..
Ça me fait suer de prendre la carte bancaire sans contact.. j’y suis hostile..  mais là..
Je ne vais quand même pas arrêter de manger du brignolet..

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En tout cas..   quelle modernité!

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Marc

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gougniafier  : bon à rien, goujat

flouze : argent. Synonymes : pognon, artiche, braise, blé, radis, oseille, fric, ronds, etc…

lisbroquer : pisser

couler un bronze : faire la grosse commission. Synonyme : poser sa pêche.

brignolet : pain

 

 

 

Publié 20 août 2018 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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