Les Landes, le Papu (partie 4 et fin).   77 comments

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C’en était fait de nous, nous avions attrapé la maladie, l’amour de la pêche, et l’amour de ce pays de cette forêt et de ses parfums, de la quiétude des petits matins sur le lac et bientôt  de l’amitié  des gens.. A côté  de la maison,  jouxtant  quasiment  un poulailler presque commun, vivait un couple, un peu plus jeune que mes parents avec deux  enfants, un garçon et une fille  un peu plus jeunes que ma sœur et moi  également.

Le  petit garçon avait pris ma sœur en tendresse, et il n’était pas rare de le voir courir partout  en criant :

« Où elle est ma petite fiancée ?»

Cet accent des Landes, moins violent que celui des mes grands oncles de Toulon.. Cette façon de prononcer le mois de mai.. en remontant un peu sur la fin..

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Il est comme le piment des Landes, cet accent, présent, mais doux, comme une petite décoration aux phrases,  histoire de dire : « je vous parfume les mots ».
Tout naturellement des liens se sont créés avec cette famille,

Je me souviens des boites de pâtés, cadeaux faits maison que nous dégustions dans le train, sur la petite table tandis que le soleil couchant filtrait à travers le défilé des pins, le crépuscule venait nous dire : »c’est terminé, il  va falloir attendre  pour revenir »..

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Mon père avait décidé, après l’achat de sa 403, que nous devions aller dans le midi, afin disait il,

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de voir la mer qui est bleue et calme, et puis il y avait la famille.

Malgré cela, il fut hors de question de ne pas aller dans les Landes.

Et je ne sais comment, peut être en réduisant les congés d’été, ou en obtenant de son patron un peu plus de vacances, toujours est-il que le rythme fut pris

Séjour dans les Landes en mai, séjour à Toulon l’été..

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J’ai donc vécu une partie de ma vie entre ces deux pays si beaux, si riches en  parfums, en ambiance, si prenants , que je n’ai jamais pu les quitter sans un cruel pincement au cœur.

Les amis des Landes avaient, comme ça se fait encore, des parents avec eux, la mère pour l’un et le père pour l’autre.

Ce fut pour moi la rencontre de mon enfance, Le Papu, ce vieux monsieur devint ce grand-père qui sans doute au fond de moi me manquait terriblement.

Bien sûr, j’avais un grand-père par le sang , bien sûr il avait un cœur, vu qu’il prenait des  tonnes de médicaments au cas où, et qu’il ne fallait pas le contrarier, car en plus, il était fragile ce cœur… selon la grand-mère.

Seulement, mon grand père.. c’est que de son cœur, il en avait perdu le mode d’emploi.

Mais moi j’en voulais bien d’un grand-père,  à qui on peut parler, à qui on pense, pour qui on s’inquiète quand il est malade…

Je ne sais pas quel âge il avait, Le Papu mais il se déplaçait avec une canne, la casquette vissée sur la tête, qu’il enlevait d’un geste large avant de faire la bise à ma mère.. découvrant une  masse énorme de cheveux  blancs,.

Il avait l’accent qui roulait comme les pierres d’un gave, et  ponctuait chaque phrase d’un « hile de pute »..

J’avais bien compris malgré mon jeune âge.

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Ses mains étaient fortes, de ces mains  qui montrent qu’elles ont connu les charges, les manches d’outils, ces mains qui font paraitre les choses plus petites quand elles les étreignent.

Ces mains, je les ai retrouvées dans la famille de Mo,  tous des mineurs, traceurs .. des poignées de main  où l’on sent vibrer tout le travail qu’elles ont accompli.

Des mains nobles.

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Il était né un peu plus au nord à St Geours,  et avait commencé gamin aux forges de l’Adour au Boucau.

Parfois quand  nous étions assis et qu’il me racontait, il me parlait d’un copain :

« Té, il est mort..  ouhhh il était vieux, hile de pute.. enfin, je dis ça.. Il  était plus jeune que moi »  rigolait-il en  laissant apparaitre le peu de dents qui lui restaient devant.

Quand nous repartions, on se saluait :

« Adichatz Papu.. à l’année prochaine .. »  en le serrant fort..

« Ouhh Marrrc, on fera comme on peut, hile de  pute.. ».

Et je partais le cœur serré.. en me disant que peut-être…

Bien sûr ma mère échangeait du courrier, je demandais  des nouvelles..

Les années se sont succédé.. le temps  nous a vu grandir.. vieillir..  les souvenirs se sont faits plus nombreux,

C’était  comme un retour en famille, les repas autour de la grande table, les rires, le partage.

La Mamé me préparait du gâteau Basque, pour me faire plaisir, et hile de pute.. je ne donnais pas ma part au chien.

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A Pâques, c’était la coutume de faire l’omelette, avec le jambon  qui avait été fait à l’automne précédent, il faut y mettre des œufs.. des petits piments..  le jambon..  et je ne sais  d’autre, en tout cas il faut y mettre de l’amour..  et dieu sait qu’il y en avait..

Nous partagions, je devrais dire nous communiions le lundi, avec du vin et un coup de rhum.

Je confesse, qu’ensuite sur la barque avec mon père, l’humeur était plutôt à la  rigolade qu’à la pêche.

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Ça ne l’a pas empêché alors que nous étions dans les nénuphars de l’étang de Garros,d’attraper un superbe brochet.

Les mois de mai ont enchainé sur les mois de mai… parfois du soleil.. parfois de  la pluie.. le plaisir de se revoir.. la pêche..  l’omelette.. longtemps.. si longtemps que le dernier jour où j’ai vu le Papu, j’étais militaire, j’avais 25 ans..

Je suis descendu.. je ne pouvais manquer il le fallait.. je savais que, même si je volais le sable de la longue plage, je ne pourrais en remettre un seul grain dans le sablier.

J’avais eu du mal à avoir une permission, mais à force de négocier avec l’adjudant  il avait lâché  (c’est vrai qu’il était lui aussi du sud ouest.. il a dû comprendre..).

A l’époque  il était interdit de sortir en civil, quand le Papu m’a vu:

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« Ouhhh hile de pute que tu es beau Marc.. et tu as des galons »

« Non Papu.. je suis juste caporal.. ce n’est rien »

« hé quand même, hile de pute ».

Ce fut la dernière  fois que je le vis..

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 Epilogue :

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Cette année là, la Mamé m’a proposé de me vendre une grande et belle parcelle de pins en bord de mer.. pour que je m’installe… j’ai hésité.. mais trouver du travail là-bas.. tout quitter..  J’avais une promesse d’embauche à Paris…..

Oui,  j’ai hésité..

Je ne suis jamais retourné  dans les Landes, j’avais trop peur d’avoir mal..

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« Adishatz Papu« .

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« Le gémissement des pins, la nuit, n’était émouvant que parce qu’on l’eût dit humain. ».

( Mauriac : Thérèse Desqueyroux)

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Marc

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Publié 1 août 2021 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

77 réponses à “Les Landes, le Papu (partie 4 et fin).

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  1. oh que c’est beau, si attendrissant, si touchant, j’en ai le cœur tout serré
    (oui je suis une p’tite nature ;-))

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  2. Quand l’enfance est heureuse, on ne peut l’oublier et on y repense longtemps, longtemps. Nostalgie … Un texte émouvant, qui m’a laissé un moment songeur, au souvenir de la mienne, d’enfance… A plus. Florentin

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  3. Superbe. Tout, l’ambiance, les paysages, la façon de raconter…J’aime les histoires de Marc.
    Quand on voit mon blog à côté! il manque de poésie.

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    • Allons, allons, Mimi… J’en ai autant de manque de poésie dans mon propre blog jardinier…
      Au fait, les plantules des graines que tu m’as données marchent bien. Il n’y a que les les asters qui n’ont pas voulu lever.
      Mo

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      • Moi non plus ils n’ont pas levé. C’est curieux car souvent ça se ressème tout seul.
        Tes coquelourdes ont bien poussé mais pas fleuri. C’est bisannuel?
        Je peux te garder des graines d’echinacées

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  4. C’était vraiment un récit très émouvant plein d’humour et de tendresse.
    Bonne fin de journée.
    Christian

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  5. On se croirait reparti en enfance. j’avais un grand-père très gentil, il était parisien venu en retraite à la campagne.
    Il ne quittait pas sa casquette et je lui toruvais un petit air de travers jusqu’à ce que je comprenne qu’il avait perdu un oeil en 14 et qu’il avait un oeil de verre.
    Bon dimanche.

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    • Bonjour Claudie,
      Tu as des souvenirs d’enfance touchants, également. Comme ce grand-père à l’œil de verre…
      J’espère que tout s’est bien passé pour ton séjour à l’hôpital.
      Bonne soirée,
      Mo

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  6. Bonsoir à tous les deux merci pour ce récit si touchant et c’est une belle région mais les choix sont pas toujours évident à prendre merci pour tes photos beau dimanche à tous les deux à+

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    • Bonjour Bébert,
      Oui il est parfois difficile de faire des choix, surtout ceux qui engagent une vie. Par exemple, s’il avait accepté de s’installer dans les Landes, lui et moi ne nous serions jamais rencontrés, alors que nous nous sommes connus en fait sur son lieu de travail à Paris où j’étais intérimaire en informatique.
      Bises et bonne soirée,
      Mo

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  7. Coucou Mo et Marc,
    Un récit plein de vie, très touchant et fort.
    Des souvenirs pleins de richesses pour remplir le coeur, merci de les partager avec nous.
    Bises et bonne fin de journée

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  8. C’est beau, c’est triste, c’est la vie, la belle vie.

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  9. malgré le (ou peut être à cause du) petit pincement, un joli récit plein de tendresse et de retenue ! Merci Marc bises à vous deux

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  10. quel beau récit j ‘en suis restée scotchée , merci pour l ‘ambiance de ces temps heureux
    kénavo bonne soirée

    monica-breiz

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  11. De beaux souvenirs Marc. Merci de les partager avec nous.
    Bises et bon dimanche

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  12. Encore du bel émouvant , et Merci Marc de nous avoir conté ces beaux jours …
    et ces  » hiles de pute « de ton papu de coeur sont savoureux 😊
    Bises à vous 2

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  13. Bonsoir Marc… Ah la vie, comme elle va, on a de la famille, mais il arrive que d’autres personnages viennent s’y ajouter, de coeur, comme on dit… et il a tenu une grande place, ce papé, après vivre là-bas ou pas… je comprends ! Merci, belle soirée à vous deux, bises JB

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  14. Et oui, ne pas suivre son cœur et rester à Paris…
    Une autre version : Marc choisit les Landes, y trouve un travail nécessitant des déplacements sur Paris ; lors de son troisième déplacement professionnel il rencontre Mo qui le rejoint 6 mois plus tard dans les Landes 🙂 . Le blog Le jardin de Mo et Marc dans les Landes sera créé quelques années plus tard, après la construction de leur maison ! Ils vécurent heureux et élevèrent de nombreuses plantes 🙂

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  15. Quelle belle histoire dans laquelle on sent la tendresse, la vraie, sans chichis ni faux semblants.
    Merci de l’avoir partagée.

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  16. Je n’ai pas connu mes grands parents côté père, mais ceux côté mère et je me souviens de la complicité que nous avions !
    Les habitudes agréables deviennent vite de l’ addiction, et quand on rate ça fait mal quelque part !
    Chaque département a des avantages, mais il est sur que pour des vacances, la direction sud est la plus agréable !
    Merci pour cette façon que tu as de raconter !
    Passe une bonne semaine
    Bisous

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    • Bonjour Pierre,
      C’est tout à fait exact : peu de gens vont en vacances dans les Hauts-de-France (comme il faut dire maintenant) 😉 ).
      Merci beaucoup pour ton commentaire,
      bonne journée à toi et bisous,
      Mo

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  17. Très belle visite guidée. Merci !

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  18. Oh hile de pute j’ai les larmes car en lisant j’entendais l’accent de certains petits enfants, et les souvenirs de Vieux Boucau, Dax, Seignosse reviennent des vacances passées là-bas, merci Marc pour ce récit rempli de tendresse et d’émotion, amitiés, et bises à Mo.

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  19. Tendre et émouvant témoignage sur le « temps d’avant » et les personnes si chères qui y donnaient toute leur humanité !
    C’était long mais c’était bon !
    Bises. C&B

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  20. Salut,
    C’est vrai que c’est bon un gateau basque.

    On ne se marre pas car il pleut .

    Ce matin chez Leclerc on était presque seul.

    Les prix augmentent et on s’en est aperçu mais la pension est la même .

    Bonne fin de journée

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  21. j’ai adoré l »histoire de ton grand père (adoptif!) , je n’ai pas connu mon grand père maternel, mort trop tot, mon grand père paternel était sourd comme un pot, suite à un coup de mine, dans la carriere où il travaillait, donc aucune communication avec lui, il est mort j’avais dix ans ! tu as de merveilleux souvenirs avec ce vieux Monsieur le Papu, j’ai la chance d’être grand père , 12 petits enfants, de 41 a 23ans , j’espère qu’ils ont une aussi bonne opinion de moi , que tu avais pour ton Papu ! je ne les vois pas tous regulierement, certains sont au Quebec, une au Vietnam un à Tahiti, mais pour mes 90ans ils etaient tous là ! et avec interrnet, ou le telephone les relations sont toujours excellentes ! merveilleux tes souvenirs d’enfance, portez vous bien, amities et bises

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    • Bonjour René,
      je pense que tu n’as pas à t’inquiéter de l’opinion de tes douze petits enfants à ton sujet. D’ailleurs, s’ils sont tous venus des quatre coins du monde pour tes 90 ans, c’est qu’ils t’aiment!
      Bonne soirée à toi et bises,
      Mo

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  22. Bonjour Mo et Marc !

    Une 4ème partie qui prend aux tropes avec le Papu !
    Bravo et encore bravo…ile de pute ! 😉😊😃

    épicétout !

    Très bonne journée !

    Pierre

    http://rotpier.eklablog.com/

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  23. De belles tranches de vie…
    Bonne fin de journée Marc.
    PS J’ai ouvert un nouveau blog dont voici l’adresse : http://le-blog-de-mnk-6189.eklablog.com/

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  24. Bonjour Mo.
    Pour Marc..
    Vos émotions sont « mes » émotions.
    Vos émotions ont été les miennes en parcourant cet article et billet mis.
    En effet, tout au long, en parcourant ce récit sur « Les Landes » et « Papu », j’ai été ému aux larmes..
    Oh..rien de grave, en parlant de ces larmes, pourtant bien sincères, mais juste de l’émotion pure, au regard du déroulé de ce récit, et par respect envers les anciens, nos aînés.
    Petite parenthèse..
    J’ai toujours respecté mes parents comme grands-parents(de leur vivant comme à présent), à plus forte raison, mais également tous ceux qui ont combattu durant la « Grande Guerre » (1914-1918), je veux dire ces poilus, auxquels je veux également rendre hommage, ceux qui justement, à tort, sont devenus les « oubliés » de notre histoire, et dont tous les hommes politiques se servent et se sont servis, au travers, comme pour ces commémorations dont du 11 novembre, mais également concernant le Général De Gaulle et président De Gaulle et dont, là-aussi, un tas de nos hommes politiques se sont servis et se servent, au travers, dont pour les commémorations en rappel, en détournant cela à leur avantage et sur un plan purement électoral, et sinon rien d’autre..UNE HONTE !!!
    Je ferme cette toute petite parenthèse (désolé..) et m’en retourne au sujet de votre article mis..
    La première photo mise en entête me fait un peu penser à la « Grande Leyre » et que je connais fort bien( à moins que ce ne soit ou qu’il s’agisse du « Courant d’Huchet »..cette rivière sous couvert végétal appelée également rivière Amazonienne, en comparaison), et que j’aime aussi, tout comme la « Petite Leyre ».
    Quand une passion nous tiens au coeur..presque un peu comme un virus..
    (Lorsque c’est en nous..cela reste en nous..)
    C’en était fait de nous, nous avions attrapé la maladie, l’amour de la pêche, et l’amour de ce pays de cette forêt et de ses parfums, de la quiétude des petits matins sur le lac et bientôt de l’amitié des gens.. A côté de la maison, jouxtant quasiment un poulailler presque commun, vivait un couple, un peu plus jeune que mes parents avec deux enfants, un garçon et une fille un peu plus jeunes que ma sœur et moi également.
    Le décor, l’atmosphère, l’ambiance, n’y étaient pas pour rien, bref tout concourait à une forme de vie paisible et apaisante enrubannée d’effluves et senteurs inoubliables !
    Des souvenirs de jeunesse qui marquent et restent bien présent..
    Le petit garçon avait pris ma sœur en tendresse, et il n’était pas rare de le voir courir partout en criant :
    « Où elle est ma petite fiancée ?»
    Pour..
    Cet accent des Landes, moins violent que celui des mes grands oncles de Toulon.. Cette façon de prononcer le mois de mai.. en remontant un peu sur la fin..
    Il est vrai qu’il y a cet accent, mais qu’il faut bien connaître, pour en parler et faire une comparaison.
    Avec cet accent qui nous enveloppe, cela concourt à d’avantage apprécier les choses comme les gens.
    C’est fort bien dit..
    Il est comme le piment des Landes, cet accent, présent, mais doux, comme une petite décoration aux phrases, histoire de dire : « je vous parfume les mots ».
    Tout naturellement des liens se sont créés avec cette famille,
    Je me souviens des boites de pâtés, cadeaux faits maison que nous dégustions dans le train, sur la petite table tandis que le soleil couchant filtrait à travers le défilé des pins, le crépuscule venait nous dire : »c’est terminé, il va falloir attendre pour revenir »..
    Des choses simples « partagées » et dont on se remémore avec presque l’eau à la bouche..
    J’ai connu la « 403 » mais pas tout de suite..
    Car, dans mon village natal, en fait, il n’y avait que trois voitures, et d’autres qui sommeillaient dans des granges recouvertes de paille ou encore sous une toile de jute, tels les « 103 » et autres.
    Mon tout petit souvenir à ce sujet, pour remonter dans le temps, a été un déplacement, notamment, en Dauphine (d’un agriculteur et père d’un copain d’école..), pour nous emmener pour la « Confirmation » qui se déroulait dans une localité à quelques kilomètres de là, et avec la présence de l’évêque pour cela.
    Vous le dites bien pour..
    de voir la mer qui est bleue et calme, et puis il y avait la famille.
    Quand un « attachement » nous tien aux tripes..
    Malgré cela, il fut hors de question de ne pas aller dans les Landes.
    Une forme de « chance », en quelque sorte, plus que..privilège, loin delà..
    Et je ne sais comment, peut être en réduisant les congés d’été, ou en obtenant de son patron un peu plus de vacances, toujours est-il que le rythme fut pris
    On y prend vite goût..
    Séjour dans les Landes en mai, séjour à Toulon l’été..
    La côte Méditerranéenne, à cette époque comme avant (j’ai connu cela..), n’était pas du tout celle que nous connaissons à présent, loin delà..bien au contraire.
    [Je connais encore des tas d’endroits, sans vouloir dire de suite « spots », au sujet de la côte d’Azur, et depuis la frontière Italienne jusqu’à Marseille, tout comme, cependant, la frange plus au nord et en retrait de la côte (20-30 km au-dessus des plages bondées..) et où il y a, et il reste un tas de villages fort intéressants et avec une atmosphère si particulière qui s’en dégagent, avec la place du village, la fontaine d’eu qui coule, et les bals d’été sous les arbres..]
    Le coeur partagé en deux endroits..
    J’ai donc vécu une partie de ma vie entre ces deux pays si beaux, si riches en parfums, en ambiance, si prenants , que je n’ai jamais pu les quitter sans un cruel pincement au cœur.
    Les amis des Landes avaient, comme ça se fait encore, des parents avec eux, la mère pour l’un et le père pour l’autre.
    Le « Papu »..
    Ce fut pour moi la rencontre de mon enfance, Le Papu, ce vieux monsieur devint ce grand-père qui sans doute au fond de moi me manquait terriblement.
    Bien sûr, j’avais un grand-père par le sang , bien sûr il avait un cœur, vu qu’il prenait des tonnes de médicaments au cas où, et qu’il ne fallait pas le contrarier, car en plus, il était fragile ce cœur… selon la grand-mère.
    Seulement, mon grand père.. c’est que de son cœur, il en avait perdu le mode d’emploi.
    Mais moi j’en voulais bien d’un grand-père, à qui on peut parler, à qui on pense, pour qui on s’inquiète quand il est malade…
    Je ne sais pas quel âge il avait, Le Papu mais il se déplaçait avec une canne, la casquette vissée sur la tête, qu’il enlevait d’un geste large avant de faire la bise à ma mère.. découvrant une masse énorme de cheveux blancs,.
    Il avait l’accent qui roulait comme les pierres d’un gave, et ponctuait chaque phrase d’un « hile de pute »..
    J’avais bien compris malgré mon jeune âge.
    Ces attachements nous font parfois mal au coeur, mais on y tient de façon indéfectible!
    Une autre époque..Une autre vie..Des gens qui ont vécu, travaillé dur, parfois aussi soufferts..
    Ses mains étaient fortes, de ces mains qui montrent qu’elles ont connu les charges, les manches d’outils, ces mains qui font paraitre les choses plus petites quand elles les étreignent.
    Une vraie « poignée » de mains est un gage authentique de sincérité, comme pour un « adoubement »..
    Ces mains, je les ai retrouvées dans la famille de Mo, tous des mineurs, traceurs .. des poignées de main où l’on sent vibrer tout le travail qu’elles ont accompli.
    Des mains nobles.
    Saint-Geours..
    Il était né un peu plus au nord à St Geours, et avait commencé gamin aux forges* de l’Adour au Boucau.
    (je ne sais pas s’il s’agit de Saint-Geours de Maremne ou de Saint-Geours d’Auribat que je connais et pas que pour les tuiles..)
    * Toutes ses forges, dans les Landes, étaient liées à l’exploitation de la « garluche » (pierres contenant du fer) que l’on peut encore voir et rencontrer, à même le sol, et sinon, pour la comparaison et l’aspect, admirer, comme à Escource, et où le mur d’enceinte du cimetière est fait avec ces pierres, tout comme à Pontenx-les-Forges (8 km, au nord-ouest..) et ou là, on peut admirer l’église et une arche près d’une fontaine, à côté de la mairie.
    Parfois quand nous étions assis et qu’il me racontait, il me parlait d’un copain :
    « Té, il est mort.. ouhhh il était vieux, hile de pute.. enfin, je dis ça.. Il était plus jeune que moi » rigolait-il en laissant apparaitre le peu de dents qui lui restaient devant.
    Quand nous repartions, on se saluait :
    « Adichatz Papu.. à l’année prochaine .. » en le serrant fort..
    « Ouhh Marrrc, on fera comme on peut, hile de pute.. ».
    Un grand pincement au coeur..
    Et je partais le cœur serré.. en me disant que peut-être…
    Bien sûr ma mère échangeait du courrier, je demandais des nouvelles..
    Les années passent, comme l’on dit, mais, cependant, l’on oublie rien..
    Les années se sont succédé.. le temps nous a vu grandir.. vieillir.. les souvenirs se sont faits plus nombreux,
    Le partage et la convivialité, il n’y a que cela de vrai, et..le respect..respect des autres !..
    C’était comme un retour en famille, les repas autour de la grande table, les rires, le partage.
    Et de plus..gâté avec cela ..
    La Mamé me préparait du gâteau Basque, pour me faire plaisir, et hile de pute.. je ne donnais pas ma part au chien.
    Les repas les plus simples et pourtant..les meilleurs..
    A Pâques, c’était la coutume de faire l’omelette, avec le jambon qui avait été fait à l’automne précédent(j’aime beaucoup la « Piperade » Basque..), il faut y mettre des œufs.. des petits piments.. le jambon.. et je ne sais d’autre, en tout cas il faut y mettre de l’amour.. et dieu sait qu’il y en avait..
    Une certaine connivence s’était installée..
    Nous partagions, je devrais dire nous communiions le lundi, avec du vin et un coup de rhum.
    Je confesse, qu’ensuite sur la barque avec mon père, l’humeur était plutôt à la rigolade qu’à la pêche.
    Une bonne pêche..
    Ça ne l’a pas empêché alors que nous étions dans les nénuphars de l’étang de Garros,d’attraper un superbe brochet.
    Un épisode particulier et attendrissant..
    Les mois de mai ont enchainé sur les mois de mai… parfois du soleil.. parfois de la pluie.. le plaisir de se revoir.. la pêche.. l’omelette.. longtemps.. si longtemps que le dernier jour où j’ai vu le Papu, j’étais militaire, j’avais 25 ans..
    Je suis descendu.. je ne pouvais manquer il le fallait.. je savais que, même si je volais le sable de la longue plage, je ne pourrais en remettre un seul grain dans le sablier.
    J’avais eu du mal à avoir une permission, mais à force de négocier avec l’adjudant il avait lâché (c’est vrai qu’il était lui aussi du sud ouest.. il a dû comprendre..).
    Un épisode douloureux..
    A l’époque il était interdit de sortir en civil, quand le Papu m’a vu:
    « Ouhhh hile de pute que tu es beau Marc.. et tu as des galons »
    Le « Papu » était cependant très fier..normal..
    « Non Papu.. je suis juste caporal.. ce n’est rien »
    « hé quand même, hile de pute »..
    Ce fut la dernière fois que je le vis..
    Une possibilité offerte..pas rien..
    Cette année là, la Mamé m’a proposé de me vendre une grande et belle parcelle de pins en bord de mer.. pour que je m’installe… j’ai hésité.. mais trouver du travail là-bas.. tout quitter.. J’avais une promesse d’embauche à Paris…..
    Oui, j’ai hésité..
    Je ne suis jamais retourné dans les Landes, j’avais trop peur d’avoir mal..
    « Adishatz Papu« .
    Je comprends pour cet épisode et en ressenti..
    La dernière photo mise sous..Épilogue, me fait penser un peu à un endroit que je connais bien et affectionne plus particulièrement, juste peu avant la dune du Pyla, et du côté de la plage du Petit Nice, et où, au travers des pins, tant en empruntant cette piste cyclable depuis Biscarrosse-plage et à partir du camping du Vivier en partie nord, ou encore à pied, on aperçoit les « Bancs d’Arguin » que j’aime beaucoup..souvenirs.
    Pour toute cette grande période de vie racontée, on oublie rien, ni dans ses pensées, ni au fond de son coeur, et ces grands instants de bonheur, en y repensant, nous amènent à des pincements au coeur un peu particulier..intimes..
    Bonne fin de journée à toi et Marc, à plus..Denis.

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    • Bonjour Denis,

      Que dire de plus? Ces émotions sont intimes et personnelles mais merci de nous avoir fait partager celles que tu as ressenties à la lecture du texte de Marc.
      Le Papu n’est pas tout à fait mort tant que quelqu’un se souvient encore de lui, mais après… C’est le sort commun.
      En ce qui concerne les photos, elles sont toutes prises sur internet. On faisait peu de photos de paysages à l’époque, des photos de famille en noir et blanc à la limite. Les photos ont été choisies sur le net aussi proches que possible des souvenirs de Marc.
      Bonne journée à toi,
      Mo

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      • Bonjour Mo.
        Pourtant, au regard de certaines photos mises, pour les différents articles, je pensais « sincèrement » qu’il s’agissait de photos prises et « insérées »..voilà tout.
        (dont celle, pour moi, du volet 4 ou 4 ème partie, en entête, avec cette grande rivière couverte et bordée d’arbres, et ou je pensais bien qu’il s’agissait du « Courant d’Huchet »..)
        Maintenant, je comprends et peux comprendre..
        Personnellement, je ne mets jamais de photos personnelles, en général, et surtout pas à caractère « privé », pour les raisons que je connais..
        J’ai des milliers de photos personnelles, depuis le début (dont en noir et blanc, forcément..), et jusqu’à ce jour, mais cela reste ma photothèque perso, et dans laquelle je peux puiser à volonté..pour les souvenirs.
        [En général, toutes les photos « postées » que ce soit sur « Facebook » (à plus forte raison..) ou « Instagram » (qui appartient à Facebook et donc Mark Zuckerberg..), ou « Snapchat », « Whatsap », ou autre, et également « Twitter » (à plus forte raison aussi, par rapport à Facebook..), les photos n’appartiennent plus aux personnes qui les ont « postées »..physiquement parlant, mais, deviennent, par ce biais, la « propriété » de tous ces détenteurs d’applications et autre, voilà pourquoi je dis cela…]
        (Chacun est libre et fait ce qu’il veut..c’est pareil pour « G-mail » et qui est « espionné » en permanence..)
        Bon appétit, bon après-midi, tout comme fin de journée, à plus..Denis.

        P.S.: je me permets.
        J’ai été sur mon autre blog sur « WordPress.com » (en pause pour l’instant..), et pour mettre l’accès à mes articles pour toi et Marc, donc, tu pourras vérifier si cela a été fait et pris en compte.

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      • Re..désolé..
        Il ne faut pas le prendre mal..
        Je me permets juste de mettre ci-dessous le lien de mon dernier article mis (pour l’instant) sur « WordPress.com », et pour c eque j’ai dit et mis en commentaire avant, pour l’accès..
        https://wordpress.com/read/feeds/61512037/posts/3183707577
        Petite sortie de la St-Valentin..
        15 févr. 2021
        Voilà, c’était juste ça.;c’est tout.
        Bonne fin de journée encore, avec le soleil, à plus..Denis.

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      • Bonjour Mo.
        Je suis vraiment désolé, pour ce qui est de l’accès en possibilité de mon autre blog, comme mis et dit sur « WordPress.com », mais cela ne vient pas de moi..apparemment..
        J’ai revérifié, et il me semble que ce soit lié à « WordPress.com », du fait de cette forme en obligation de paiement (votre panier est vide), pour pouvoir « prolonger » l’utilisation de mon blog, donc, je vais attendre encore un peu..
        Je ne vois pas pourquoi je serais « obligé » de payer, par apport à avant et tout début !..
        Bon appétit (si c en’est déjà fait, un bon après-midi tout comme fin de journée, à toit et Marc, à plus..Denis.

        P.S.: je vais faire mon dernier article, aujourd’hui, comme annoncé, et pour faire une pause jusqu’à la rentrée et bien..début septembre.

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  25. Salut,

    J’ai l’impression que le mois d’août sera pourri.

    Le temps est variable avec des averses.

    Le moral tient bon heureusement.

    Bonne journée

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  26. Quel plaisir de lire ces souvenirs tendres et èmotions sinceres

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  27. Tu faisais partie d’une famille qui pouvait et aimait voyager et qui n’hésitait pas à prendre les enfants .
    J’ai toujours entendu dire que pour la bonne santé des enfants il fallait conjuguer l’air marin méditérranéen à celui de la côte atlantique . Maintenant que le temps est passé, tu vas pouvoir dire si ta bonne santé est due à çà ?! Bonne journée.

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    • Hé.. avec Mo nous avons passé des années à crapahuter dans le Queyras.. hiver et été..alors.. ?
      Je suis né à 7 mois à la fin de la guerre.; bronchopneumonie ce sont les sulfamides US qui m’ont sauvé… mais les médecins m’avaient pronostiqué une santé chancelante.. tu as surement raison.. la mer…..la montagne.. et le ti punch… va savoir..?
      Marc

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  28. Salut,

    Le temps est toujours maussade amis on a le moral et on espère au moins une journée ensoleillée d’ici la Noël….

    Bonne journée

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  29. Je me suis délectée de cette 4e partie. La fine plume ; l’humour, tout y est.

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  30. Quel bouquet final ! Bravo au maître-artificier. Je partage le plaisir et les émotions que beaucoup ont su bien exprimer.

    Pour vous deux (plus particulièrement pour Marc), dans les coms de mon dernier post – en réponse à Mo -, un clin d’oeil qui n’aurait peut-être pas sa place ici. 😉

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    • Mais si, pourquoi un gag du regretté Jean-Yves Lafesse n’aurait-il pas sa place ici? Les émotions n’empêchent pas l’humour et le gag n’est pas méchant.
      😉
      Merci par ailleurs de ton appréciation sur le texte de Marc.
      Mo

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  31. Salut

    Le temps est minable pour un mois d’août.

    Comme dit la Tiotte c’est la première fois depuis 20 ans que la pelouse est aussi verte.

    J’ai fait une prise de sang pour mon opération du 30 août et j’ai appris que ma carte de groupe sanguin datant de 1980 n’est pas valable alors on m’en refait une.

    Ca va chauffer chez les anti-passeport nous dit le poissonnier.
    Bonne journée

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  32. Salut,

    On est au mois d’août ?

    Averses, éclaircies et fraîcheur.

    Sinon tout va bien chez moi mais cet après midi …

    CA VA CHAUFFER AVEC LES MANIFS

    BON WEEK-END

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  33. j’ai eu beaucoup de mal à te joindre directement j’ai du passer par d’autres blogs (tmort)
    amitié
    tilk

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    fernando bronchal
  34. Toujours de la fraîcheur avec un soleil qui n’arrive pas à sécher la nature soumise à des pluies incessantes !!
    ça commence quand même à me courir sur le haricot !
    J’ espère pour toi que tu as mieux !
    Passe une bonne fin de semaine
    Bisous

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  35. Salut,

    On s’est payé une averse cet après midi c’était un véritable déluge avec de la grêle en plus. On a même baissé les volets car la Tiotte a eu peur pour les vitres.

    Mais le soleil est revenu depuis .

    On vous souhaite une bonne fin de week-end

    Humour du dimanche à ne pas rater.

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  36. merci pour ton commentaire
    je veut bien désactiver le capcha , mais je ne saait pas comment le faire , je vais dons essayer par les paramétres
    je sait que c’ezt trés gênant ce captcha

    kénavo MO

    MONICA-BREIZ

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  37. Coucou,
    Texte magnifique et très touchant. Tes photos sont très belles.
    Bonne journée.

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