Archives de juin 2018

Travaux à Pont Lorois et mauvais temps.   55 comments

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Depuis Pont Lorois

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le pont qui relie les rives de la Ria d’Etel à hauteur de Plouhinec,

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on avait une très belle vue…

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avant les travaux.

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Quant à la vue, je ne dirai rien.

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Avec le temps que nous avons eu pendant notre séjour de juin nous étions plutôt contents de quitter la Bretagne.

De plus, il faisait beau avant notre arrivée et maintenant il fait beau depuis notre départ.

Pourquoi tant de haine?

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Publié 17 juin 2018 par Leodamgan dans Bretagne, Etel, Non classé

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Pont de Bercy   71 comments

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Ben voyons, Mo est en panne d’inspiration pour son blog hebdo, alors elle lance un appel déchirant.. mais subtil..

« t’aurais pas une idée pour le blog… ?? »

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Je vais  narrer une histoire véridique,  qui m’est arrivée à l’époque où nous habitions dans le XIIeme.. l’époque où la Bastoche n’avait pas encore eu à subir le génie créateur de Jack..  où la place Rambouillet ne se nommait pas encore place du colonel Bourgoin.. bref le temps où Paname était encore Paname.. mon pays..

Je bossais à l’époque dans un grand immeuble du boulevard Blanqui.. Métro Corvisart.. et le soir, j’avais pris l’habitude de rentrer à pinces.. histoire de me façonner les quadriceps.. vu qu’étant devenu accro au ski de fond.. je caressais  le fol espoir.. le doux rêve de participer un jour à la Vasaloppet..

D’accord..  un peu branquignol comme idée.. mais ça me trottait dans la tronche..

Pont de Bercy

Donc le soir je m’enfilais le boulevard Blanqui.. la place d’Italie.. le boulevard de la gare (pardon.. Vincent Auriol).. le pont de Bercy et le boulevard de Bercy jusqu’à Dugommier et là.. pile-poil rue de Charenton.. 5 bornes.. pas de quoi fouetter un greffier*.. mais bon.. tous les jours.

Le quartier était un peu beaucoup différent d’aujourd’hui et le boulevard de Bercy avait un côté un peu moins urbain. Quelques bistrots pointillaient le parcours.. mais ça restait quand même plus  sinistre.. surtout à la tombée de la nuit.

Square Morin

Un soir alors que j’étais en vue du square Morin et son kiosque à musique.. devant moi, un peu plus loin..

une silhouette allongée.. que les piétons évitaient soigneusement, se hâtant de retrouver un peu de  luminosité.. plus haut sur le boulevard.

Je me penche.. et à la question:

« ça va pas.. je peux vous aider ?? »

le tas recroquevillé  me répond:

 » j’ai mal..  j’ai été attaqué. »

Arrivant de la  gare de Lyon avec sa valoche il s’était un peu paumé dans les petites rues du coin et avait été victime de malfaisants qui, outre lui avoir  balancé des mandales*, lui avaient défoncé le buffet à coup de satons* et piqué sa valoche.

Avisant une cabine de  téléphone un peu plus loin, j’extirpe de mes fouilles* une poignée de piécettes et me dirige vers l’édicule pour héler la maison poulardin*.

Hélas, comme d’usage, la cabine avait été restructurée et le fil du biniou* pendait misérablement..

Guignant un bistrot en face,  bistrot je le confesse, où je ne serais pas entré de mon plein gré.. en temps usuel.

Je m’y dirige, supportant sur mes endosses*, le pauvre gars plié en deux..

Arrêt des conversations.. je dépose le malheureux sur une chaise.. et  me tournant vers le loufiat derrière son rade* j’essaye de narrer..

Mes mots se perdent dans un beuglement:

« Sortez moi ça d’ici  j’veux pas d’emmerdes.. »

vl’a cézigue qui prend les abeilles*.. et qui me demande de rejoindre le trottoir avec mon pacson….

Je suis d’un naturel enjoué et patient.. mais je confesse que  mes limites sont vite atteintes.. faut pas trop me les briser.

Devant ma détermination.. appuyé  par  un ou deux habitués.. il consent en maugréant à appeler la maison bourreman*..

« Mais vous restez là »

me balance-t-il toujours aussi gracieux…. L’urbanité de l’humain secourable.. mais à la mode  pithécanthrope…

Peu de temps après.. la sirène du tôlé noir et blanc déchire la bienveillante sérénité de ce havre de paix.. et une escouade de lardus* débarque dans le rade*..

celui qui semble être le chef.. (il avait une moustache..) écoute  le poil frémissant.. et s’enquiert auprès de la victime:

« vous pourriez les reconnaitre..? »

Soudain, s’avisant du côté un peu incomplet de son interrogatoire aux mots simples mais efficaces, se tourne vers moi et tonitrue:

« et vous.. ? qu’est-ce que vous foutiez là ? »

A cet instant, j’ai ressenti un frisson..

Je confesse que mes années soixante-huitardes m’avaient laissé une indicible méfiance face à la maréchaussée..

Je me suis senti mal parti. Ai pensé :   « ça y est je vais y avoir droit.. je suis dans le pétrin.. »

Une voix  venue du fond de la salle.. une voix forte avec cet accent riz-pain-sel* de chez moi.. que le regretté Julien Carette ne pourrait renier,

une voix lâcha.. forte et ferme.. gouaillante:

« ah ben elle est raide celle là. . y s’fait chier à porter s’cours et c’est lui qui va être emmerdé.. ».

Je n’ai pas vu cet anonyme.. mais  50 ans après, je le remercie..

Cette intervention pertinente, qui ma foi, résumait assez bien mon ressenti eut l’effet escompté.

Bougonnant dans ses bacchantes.. le chef se tourna vers la victime.. et l’entrainant dans le panier à salade..  suivi par sa volée de képis:

« Venez on va tourner dans le coin voir si on les retrouve.. ».

La paix revint dans l‘estanco*..  le brouhaha des conversations reprit avec quelques bribes peu affables pour les chaussettes à clous*..

J’en profitai pour m’esbigner*.. Par acquis de conscience, j’avais demandé au taulier si je devais quelque chose pour le coup de biglot. pensant qu’il n’en serait  rien..

« Ouais un franc . . ».

J’ai carmé* sans  bonnir* le moindre commentaire..

Et je suis  ressorti chez les humains.. J’ai repris ma route rue de Charenton..

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Je ne me souviens pas si j’ai raconté ça à Mo..  En tout cas c’est chose faite..

Bah je ne lui en veux pas à l’argousin*..  il était sans doute fatigué de sa journée.. et puis bon..

Maintenant.. à mon âge.. avec le temps.. et ce qui se passe..

J’ai révisé.. faut bien admettre que bourdille* c’est pas de tout repos comme turbin..

Alors parfois.. mais quand même..

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Marc

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Petit lexique argot (de Mo) :

greffier : chat

mandales : claques

coups de satons : coups de pieds

la maison poulardin : la police

fouilles : poches

biniou : combiné téléphonique

endosses : épaules

rade : désigne le zinc de bistrot ou le bistrot lui-même.

prendre les abeilles : se mettre en colère

la maison bourreman : la police

lardus : flics

riz-pain-sel: épicier

estanco : estaminet

chaussettes à clous : flics (mais vous le saviez sûrement…)

s’esbigner : s’éclipser

carmer : payer

bonnir : dire

argousin, bourdille : flic

 

 

 

Publié 9 juin 2018 par Leodamgan dans Ecriture, Non classé, Prose à Marc

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