La constellation du chien…   31 comments

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1976-1.

Il y a quelques semaines,  la télé nous a fait un petit coup façon souvenirs.. les verts.. le chaudron,  la finale de coupe d’Europe..   les poteaux carrés..

Moi, je me souviens de ce soir là.. il y avait eu des  problèmes dans nos programmes informatiques et j’étais resté  au taf pour réparer et.. ma mission terminée.. un collègue m’avait déposé à la Bastoche  et j’étais rentré  à pinces par la rue de Charenton.. Il faisait beau et  par les fenêtres ouvertes.. j’entendais  les  commentateurs et les clameurs des postes de télé..

Pas un rat dans les rues.. Paname était figé devant  la télé.. c’était fin mai.. il avait déjà fait chaud en début de mois.. mais là.. il faisait encore plus beau.. Mais de là à penser que..

la constellation du chien..  tu parles..

En juin.. ça s’est mis à grimper.. grimper.. et quand arriva juillet.. alors là.. ça cognait.. une chaleur étouffante avait  nappé  la ville.. la limace collait sur les endosses.. et si le métro du matin sentait encore le déodorant.. le propre de la douche du matin… le soir..  c’était façon vestiaire..

Chemises et bouches grandes ouvertes.. on happait le  moindre  coup de vent.. comme un gardon sur un tas de ferrailles..

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Paris 1976 (1).

Nous  habitions, Mo et moi dans un  studio  de bonne taille qui, outre le fait d’être exposé plein sud, avait la particularité d’être entièrement vitré du sol au plafond sur toute sa longueur.. juste une grosse barre d’aluminium à mi hauteur pour permettre de  faire coulisser les fenêtres..

Au début..  ça fait tout drôle..  un peu les flubes de s’approcher de la fenêtre et même de s’appuyer..

Mais avec le temps.. et la certitude que c’était du solide….

J’avais collé du papier sur la partie basse afin de garantir un peu d’intimité vu qu’il n’y avait aucun rideau ni store..

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Paris 1976 (4).

Mais  de toute façon.. placé comme il était.. le vis à vis était le  mur en pierre du pignon des vieux immeubles qui longeaient la voie ferrée..

Nous étions le long de l’ancienne  voie de la Bastille.. (aujourd’hui  transformée en coulée verte). Et,  à part les chats ou des gamins,  rien ne se passait sur ces talus envahis par les herbes.. de l’autre coté..  l’avenue Daumesnil et ses immeubles.

La température dépassait les 30 degrés dans la journée.. et le boulot se faisait.. mais fallait s’accrocher.. tout collait.. la sueur au front..  suffisait de poser la main sur un papier et on repartait avec..

Comme cette pauvre femme  que nous avions repérée à la cantine.. elle  posait avec soin une serviette en papier dépliée.. sur le siège en plastique orange et, déployant sa jupe plissée en corolle parachute, se posait sur le siège.. Le repas terminé elle récupérait sa serviette et tout allait bien.. mais hélas pour elle.. il suffit d’une fois.. il faisait très très chaud ce jour là.. et quand elle s’est levée à la fin du repas.. Majax.. plus de serviette sur le siège..

Nous étions une bande de jeunes hommes.. costumes  cravate.. (obligatoire à l’époque..)  mais  l’adolescence  n’était pas si loin.. et bien sûr nous avons rigolé..

Je me souviens de cette pauvre femme.. digne.. mais cramoisie.. s’éloignant avec son plateau.. quand a-t-elle pu récupérer son précieux chargement.. la miche humide on avait.. comme on dit chez moi.. les rideaux collaient aux fenêtres.. le papier aux bonbons..

Il faisait chaud.. on allait de temps en temps en salle ordinateur (la seule climatisée) pour récupérer un peu.. mais je confesse que nous avons quand même passé pas mal de temps derrière  un demi au bistrot d’à coté..

Le soir venu.. quand  on réintégrait notre   sweet home.. une douce béatitude  nous attendait.. le thermomètre dépassait les  47  degrés  dans  le studio.. mes pauvres plantes.. des avocats que j’avais fait germer selon la méthode en vigueur étaient cuits.. séchés.. bon pour l’herbier..

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Paris 1976 (2).

Nous nous baladions sans presque rien.. à loilpé… nous nourrissant de trucs dits frais.. tomates ou fruits. guettant  enfin la presque  fraicheur du soir par les fenêtres ouvertes..

En face, de l’autre coté du boulevard.. une jeune femme.. nue.. tirait son lit sur le balcon et  se préparait à dormir..

On se serait cru dans une ville naturiste..  du sans textile partout.. la bouteille à la main..

l’Intermarché en bas était pillé.. la bière.. le coca.. l’eau.. tout était razzié..

J’avais trouvé chez le quincaillier à coté.. un petit ventilateur.. un truc qui lui restait..  et qui nous prodiguait un peu d’air façon sèche cheveux..  mais au moins un air mobile..  oui.. je me souviens de cette année là..

Il y a eu d’autres épisodes  de coup de chaud.. mais nous avions déménagé en banlieue.. plus d’air.. plus d’espace.. terminées l’avenue Daumesnil.. la place Rambouillet.. l’air  dense de la gare de Lyon..

Et puis bon.. avec le temps.. ça reste un bon souvenir.. punaise..

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1976-3.

S’il faut se taper ça chaque été avec le changement climatique..

On va planter des grands cactus cierges dans le  jardin.. et je vais m’acheter un sombrero..

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1976-5.

Vamos Chiquita..

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Publié 22 mai 2016 par Leodamgan dans Non classé, Prose à Marc

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31 réponses à “La constellation du chien…

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  1. Tout va bien, il fait actuellement +14° à 16h ce 22/05/2016… !

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  2. je n’arrive pas à m’imaginer votre studio vitré du sol au plafond sur toute sa longueur ?
    en tout cas ce mois de mai c’est loin d’être la canicule !
    j’aime bien cette image  » … une chaleur étouffante avait nappé la ville.. la limace collait sur les endosses  »
    bonne soirée, au frais, à vous deux !
    🙂

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    • Bon, imagine une boite à chaussures avec un côté complètement transparent. C’était exactement ça. Et en plus, on était au 8ème étage d’un immeuble de 10 étages. Il avait tout de même une salle de bains sur l’arrière.

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  3. Vous vous surpassez avec vos photos en ce moment ; on dirait le reflet d’un couple d’extra-terrestres sur le mur de pierre de la 3ème photo ! Photo pour le moins mystérieuse…
    A part ça, j’ai découvert que mon plant de tomates coeur de boeuf était recouvert de pucerons ! Que dois je faire ?! Au secours !!! 🙂

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    • Savon noir dilué et pulvérisé+marc de café au oieds pour les fourmies

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      • Merci Tuxnux ! Il me reste du savon noir liquide et j’utilise le marc de café comme engrais ou pour du compost (je composte tout en ce moment : ma dernière lubie ! épluchure, coquilles d’oeuf, peaux de banane, feuilles de thé – Toutes les plantes adorent ! ) J’abreuve aussi mes plantes avec des restes de café ou de thé ! 🙂

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        • J’adore les commentaires !!!
          http://fr.rec.jardinage.narkive.com/Y5Uqy0gE/aroser-ses-plantes-avec-du-cafe

          Aïe, aïe, aïe, malheureux la caféïne risque de tuer les limaces et de
          deséquilibrer tout l’écosystème de tes pots de fleur.
          Tu as beaucoup de limaces dans tes pots de fleurs?
          Non, parce que jusque là il n’y mettait pas de café !
          Ah? Les limaces sont donc nées d’une mère caféïoname et d’un père
          colateur?

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          • « je veux juste savoir si mes plantes ne risquent pas de mourrir a cause de
            ça.
            ce n’est pas très grave si ce n’est pas très enrichissant pour elle, ca
            serait une utilisation occasionelle.
            on peut ensuite se poser la question sur d’autre produits alimentaire
            (soupe, coca, jus de fruit, sauce tomate, etc…)
            Par principe, je dirais NON ! Un pot de plante n’est pas une poubelle.
            Si quelqu’un te répond OUI, je sens que le pot va abriter des mégots,
            du jus de viande, du gras de jambon, des arêtes de poisson, des
            chewing-gums à la chlorophylle (pour les feuilles …), des rondelles
            de tomate, des croûtes de Camembert Lepetit et des cheveux emmêlés … »

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            • Le marc de café est à la fois un engrais pour le sol de tes plantes et même très riche, et en même temps un poison pour les fourmis, qui l’emportent dans la fourmilière et qui vont le consommer à leur dépend

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    • Merci pour cet intermède jardinier dans l’ambiance caniculaire de ce billet. 😉
      Contre les pucerons, je suis d’accord avec Tux. Je n’ai jamais vu de pucerons sur des tomates chez nous mais il y a des colonies de pucerons noirs sur les pommiers en juin. Alors, même motif, même punition : je traite au savon noir (une cuiller à soupe dans un pulvérisateur de 5 litres).

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  4. Tout ce récit me fait penser à la vague de chaleur de 2003 où je sortais de l’immeuble de bureau pour aller à la station de métro Quatre-Septembre à 50m avec l’impression d’un fournaise (il faisait 45°). A Paris c’est beaucoup plus insupportable que 45° dans le désert de Joshua Tree Park en Californie du Sud.

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    • Ce qui est insupportable avec la fournaise, c’est d’y travailler. Autrement, on se débrouille : la baignoire remplie d’eau froide où se plonger de temps à autre, par exemple. C’est ce qu’on faisait à cette période dans notre studio parisien du XIIe.

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  5. En 1976 j’étais venu passer un mois en Métropole pour la première fois et venant de la Réunion j’avais trouvé qu’il faisait beau et je n’avais pas souffert de la chaleur , par contre en 2003 c’était pour moi insupportable et je n’aime pas l’été lorsqu’il fait trop chaud peut-être parce que j’ai vieilli .
    En tout cas comme toujours le récit est passionnant .
    Bises

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  6. En cette période, j’étais encore en France, à Valenton et depuis le mois de juin, comme chaque année, je travaillais pendant les vacances dans un dépot de Fernand Nathan, rue Gunsbourg à Ivry. Beaucoup d’étudiants torse nu pour préparer les commandes de bouquins pour la rentrée.
    Les Verts m’avaient TUER.

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  7. Ah, ce Marc un vrai TITI PARISIEN!.

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  8. C’est vrai que nous avons eu des températures extrêmes difficiles à supporter, aussi bien en chaleur qu’en froid.
    Je me souviens d’un hiver où on pouvait, à Troyes, traverser le canal à pied. ‘Maintenant, on peut toujours…il a été busé et bouché!)

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  9. La constellation du chien? ça veut donc dire qu’un temps de chien, c’est du temps ensoleillé!

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  10. Souvenir de canicule, souvenirs torrides! comme tu dis, à oilpé… ou presque. 😀

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  11. salut les amis, un peu parti en vadrouille avant un nouveau départ du côté de Perpignan. Bizzz et à bientôt j’espère. Nous serons à Port-Louis à partir du 21 ou 22 août. Je vous ferai signe

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  12. Cette année-là, Perrier sortait sa pub, réalisée par Gainsbourg, qui fut aussitôt qualifiée de scandaleuse.

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